La croissance française a du plomb dans l’aile. Ce n’est pas une surprise, mais la révision à la baisse des prévisions pour 2011, confirmée par l’Insee, augure mal de l’an prochain.

Après l’OCDE, le FMI et le gouvernement lui-même, les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique, jeudi 6 octobre, traduisent bien les conséquences du climat d’incertitude accru depuis l’été.

Croissance nulle en fin d’année

Après un rebond limité du produit intérieur brut (PIB) de 0,3% au troisième trimestre, l’Insee prévoit un retour à une croissance nulle au quatrième trimestre, comme au deuxième.

Il y a trois mois, l'Institut attendait encore une hausse de 0,5% pour chacun des deux derniers trimestres. Sur l'ensemble de l'année, la croissance est donc ramenée à 1,7% contre 2,1% prévus en juin.  

En cause, la dégradation de la conjoncture mondiale, la crise de la dette, les tensions sur les marchés et les risques liés au marché du crédit, souligne l’Insee.

Chômage à 9,2%

Après être restée stable entre juillet et septembre, la production manufacturière devrait chuter de 0,7% au dernier trimestre, et les créations de poste ralentir, ce qui ferait remonter le taux de chômage à 9,2% en métropole en fin d’année.

La France pourrait donc compter uniquement sur la consommation des ménages pour soutenir la croissance, sans pour autant faire des étincelles faute de gains de pouvoir d'achat conséquents depuis son coup de froid d'avril-juin (-0,7%).

A l’étranger

Le redémarrage de l'économie japonaise a permis de soutenir le commerce mondial au troisième trimestre. Mais les économies avancées ont été coupées net dans leur élan du fait d’une dégradation importante du climat des affaires, depuis le printemps.

A l’étranger, les nouvelles ne sont pas meilleures. L'Insee n'attend qu'une croissance faible aux Etats-Unis (0,4% au troisième trimestre et 0,3% au quatrième) et des performances presque nulles pour la zone euro (0,1% et zéro, respectivement).

Si l'Allemagne fait toujours exception, avec une croissance attendue à 2,9% pour 2011, l'Espagne et l'Italie pourraient retomber en récession en fin d'année, estime l’Insee.