Nicolai Wammen a été nommé ministre des Affaires européennes le 3 octobre dernier. Le nouveau gouvernement socialiste s'est immédiatement engagé à organiser un référendum sur la fin de certaines dérogations dont jouit le Danemark. Un vrai pari dans le contexte actuel de crise.

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L'homme a tout juste quarante ans mais il est déjà ministre du gouvernement nouvellement formée de la socialiste Helle Thorning-Schmidt.
Ministre permanent
En visite à Bruxelles pour la conférence sur les perspectives budgétaires 2014-2020 de l'Union européenne, il s'est exprimé dans un anglais que bien des hommes politiques français lui envierait pour faire un plaidoyer en faveur du renforcement de l'unité européenne. Un discours détonnant pour un pays plus connu pour sa méfiance envers tout ce qui vient de Bruxelles.
"Le Danemark a pris un virage européen", a-t-il affirmé. Interrogé par EurActiv.fr, il a précisé que c'est même "la première fois qu'un ministre des Affaires européennes permanent est nommé. Auparavant, ce n'était que des postes temporaires lors des présidences tournantes".
Pendant dix ans, le gouvernement de centre droit était soutenu de l'extérieur par les députés du Parti du peuple danois, une formation politique populiste et eurosceptique.
Référendum
Une décision a particulièrement marqué la rupture avec cette période. Helle Thorning-Schmidt est revenu sur le choix du gouvernement précédent de réinstaurer des contrôles aux frontières du pays. Ce choix a été particulièrement bien accueilli par les autorités européennes qui cherchent à tout prix à défendre l'acquis de Schengen de libre circulation des personnes au sein de l'UE.
"Nous considérons que pour lutter contre la criminalité organisée ou le terrorisme international, ce n'est pas moins d'Europe qu'il nous faut. Au contraire, il faut plus d'Europe. Nous devons travailler à 27", a déclaré M. Wammen.
"Nous allons d'ailleurs organiser, durant notre législature, un référendum qui proposera aux Danois de rejoindre l'intégration européenne dans les domaines des affaires intérieures et de la défense", a-t-il poursuivi.
Pour ces deux matières, Copenhague dispose de dérogations depuis le Traité de Maastricht. "Nous voulons faire partie de ces initiatives et y jouer un rôle stratégique".
Dans les limites du rôle
Interrogé sur l'éventualité d'un vote négatif, le ministre a répondu du tac-au-tac : "Non. Je suis très optimiste".
Il a précisé que le scrutin serait organisé à l'issue de présidence danoise de l'UE qui démarre le 1er janvier. "Il ne faut pas que ce débat arrive comme une surprise. Il faut qu'il se déroule sereinement et qu'il soit de qualité".
Pas question, toutefois, de revenir sur la dérogation au sujet de l'euro. Quid du rôle du pays dans la crise de l'eurozone lors de sa présidence tournante? "Ce n'est pas la première fois qu'un pays qui assure la présidence n'est pas membre de l'eurozone. Cela ne nous empêchera pas d'être complètement engagé dans les limites de notre rôle", a-t-il conclut.





Réactions
giraud jean guy (non vérifié), le 25/10/2011
Ainsi vont, viennent et se succèdent - de façon souvent erratique - les gouvernements europhiles et eurosceptiques dans l'UE (et au sein du Conseil) au gré des élections dans chacun des 27 États membres.
On comprend l'insistance de Jean Monnet (dans une Europe de ...6 États membres) pour confier aux Institutions, et notamment à la Commission, la sauvegarde de l'intérêt général communautaire :
"Seules les Institutions sont sages car elles sont la mémoire de l'Europe et assurent la permanence de son action"
JG GIRAUD
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