Agriculture intensive : écologiquement durable ?

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Alors que la demande alimentaire croît avec la population mondiale, les décideurs politiques envisagent différentes façons d'intensifier la production des cultures tout en minimisant les effets néfastes de l'agriculture sur l'environnement.

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

L'agriculture intensive demande de grandes quantités d'intrants tels que de l'eau, des engrais chimiques et des pesticides, afin de permettre un rendement maximal au moindre coût possible.

En Europe et aux Etats-Unis, la « révolution verte » d'après-guerre a vu les engrais remplacer les anciennes méthodes de travail de la terre, dans la mesure où les herbicides représentaient une alternative aux rotations des cultures pour limiter les mauvaises herbes.

L'agriculture industrielle, qui s'appuie sur la monoculture à grande échelle, a permis une augmentation substantielle des rendements et une chute des prix alimentaires, mettant fin à des siècles de famine et ouvrant la voie à un développement économique et social rapide.

Toutefois, avec de plus en plus de terres cultivées, il est maintenant reconnu que les gains en termes de production s'accompagnent d'impacts environnementaux négatifs, mettant en danger l'avenir de l'agriculture, car les méthodes agricoles intensives mettent à rude épreuve les ressources naturelles dont elles dépendent.

En effet, la liste des effets négatifs de l'agriculture intensive s'allonge : dégradation des sols, salinisation des zones irriguées, surexploitation et pollution des nappes phréatiques, résistance aux pesticides, diminution de la biodiversité, entre autres.

L'agriculture a également porté atteinte à l'environnement dans son ensemble, par la déforestation et l'émission de gaz à effet de serre ou d'autres polluants de l'air.

Dans le même temps, tandis que la population mondiale continue d'augmenter rapidement, des organisations internationales, telles que les Nations Unies, attirent l'attention sur la nécessité d'augmenter de manière significative la production alimentaire. Elles mettent toutefois l'accent sur le fait que cette augmentation doit avoir lieu avec un moindre impact sur l'environnement.

Selon la Commission européenne, la production agricole mondiale devra doubler d'ici 2050 pour pouvoir nourrir la population mondiale. En même temps, elle affirme que cela devra se faire en utilisant moins d'eau, moins de pesticides, en générant moins d'émissions de gaz à effet de serre, dans un contexte d'augmentation de la concurrence pour les terres.

Les Nations Unies affirment qu'entre 2015 et 2030, 80 % de l'augmentation de la production alimentaire nécessaire devront provenir d'une intensification et d'une augmentation du rendement.

Toutefois, le taux d'augmentation du rendement pour les principales céréales – riz, blé et maïs –, est en diminution. L'augmentation annuelle du rendement de blé est passée de 5 % par an en 1980 à 2 % en 2005 selon les Nations Unies. Celle du riz et du maïs est passée de plus de 3 % à environ 1 % pour la même période.

Les perspectives agricoles de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) pour 2011-2020 prévoient que la production agricole mondiale augmentera en moyenne de 1,7 % par an, contre 2,6 % au cours de la décennie précédente, alors qu'une croissance plus faible est attendue pour la plupart des cultures.

 

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