Douze pays européens, emmenés par la Grande-Bretagne et l'Italie, misent sur le libre échange pour retrouver le chemin de la croissance. Paris et Berlin préfèrent en rester à leurs propositions conjointes.

© Droits réservés / Commission européenne
Documents officiels
L’initiative vient cette fois-ci de la Grande-Bretagne, rejointe par l'Italie. Dans une lettre adressée à José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, et rendue publique le 20 février, un groupe de douze pays* appelle à un approfondissement du libre échange pour recouvrer les points de croissance qui font aujourd’hui défaut.
L’approche est sensiblement différente du document franco-allemand qui circulait à la veille du sommet du 30 janvier, où il était question d’harmonisation fiscale et de réutilisation des fonds régionaux européens. Ni Paris, ni Berlin, n’ont d’ailleurs souhaité apposer leur signature au bas de la lettre, dont le contenu devrait être discuté lors du sommet des 1er et 2 mars.
Les propositions ont été adressées "à de nombreux gouvernements, allemand et français y compris, mais notre coopération s'est poursuivie avec ceux qui ont montré un intérêt à aller de l'avant", a déclaré Enzo Moavero, le ministre italien des Affaires européennes.
Réduction des aides aux banques
"La France et l'Allemagne ne signent pas de lettres qu'elles ne rédigent pas elles-mêmes", a précisé une source membre d’un pays signataire.
Les pistes évoquées mettent l’accent sur la levée des dernières barrières commerciales avec tous les grands partenaires commerciaux de l’UE, comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine.
Des accords devraient également être signés avec l’Inde, le Canada, l’Amérique latine et les pays voisins de l’UE anciennement membres du bloc soviétique, recommande le document, qui réclame par ailleurs d’entamer des négociations avec le Japon, "avant l’été". Les gouvernements font aussi mention de la région méditerranéenne, avec laquelle les relations commerciales sont appelées à se développer.
Est enfin abordé le soutien public consacré aux banques. « Les garanties implicites » apportées à ces dernières « doivent être réduites ». « Les banques, et non les contribuables, doivent être responsables des risques qu’elles prennent. »
* La Grande-Bretagne, l'Italie, l'Estonie, la Lettonie, la Finlande, l'Irlande, la République tchèque, la Slovaquie, l'Espagne, la Suède, la Pologne et les Pays-Bas.





Réactions
K Bledowski (Arlington, VA, USA) (non vérifié), le 21/02/2012
Cette initiative me parait très louable. Plus de commerce va aussi stimuler les investissements futurs, alors l’emploi dans tous les pays concernés.
pierre gardet (non vérifié), le 22/02/2012
Et voilà de nouveau l'axe Londres-Madrid de l'époque Aznar-Blair qui ressussite : celui de la "nouvelle europe" engagée avec Bush, dans la guerre en Irak et dans l'alignement néo liberal, très à la mode, à l'époque ... et bizarrement, rejoint par l'Italie, au travers de l'ancien Commissaire à la concurence ( libre et non faussée), son nouveau Président du Conseil.
L'Europe ouverte à toutes les dérives du marché, des marchés financiers en particulier, qui ne recherche plus l'équilibre dans les échanges et la réciprocité dans les pratiques commerciales, a prouvé sa nocivité .Merci le couple franco-allemand de RESISTER.
Anonyme (non vérifié), le 25/02/2012
tout à fait, c'est la réédition de l'axe qui dominait sous Prodi
on va de Charybde en Scilla
pierre.gardet (non vérifié), le 26/02/2012
Si la croissance avait été acquise par une concurrence accrue, dans la dernière période, l'Europe, déjà champion de l'ouverture des frontières, ne serait pas celui du chômage, de la désindustrialisation, de la stagnation, voir de la régression sociale...et la lanterne rouge de la croissance dans le monde.
K Bledowski (Arlington, VA, USA) (non vérifié), le 27/02/2012
Il ne s’agit pas de “l’axe” – c’est une initiative de renforcer l’ouverture des marchés et d’approfondir la concurrence – les deux sont indéniablement liés au développement accéléré.
Réagissez