Le commissaire à la Politique régionale, Johannes Hahn, a affirmé que toutes les régions d'Europe continueraient à percevoir des fonds européens après 2013. Les Français craignent que seuls les territoires les plus pauvres n'en bénéficient.

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Documents officiels
Commission européenne
Lettre de José Manuel Barroso à Alain Rousset, 31 août 2010Commission européenne
Lettre des commissaires Hahn, Damanaki, Andor et Ciolos à José Manuel Barroso, 31 août 2010
Revue de presse
EurActiv.com
Future of cohesion policy sparks EU row
En visite à Paris, mercredi 8 septembre, le commissaire européen en charge de la Politique régionale, Johannes Hahn, a rassuré les présidents de régions françaises. Selon lui, toutes les régions d’Europe continueront à toucher des fonds européens après 2013. «Cette politique doit se poursuivre dans chaque région», a confirmé le représentant de la Commission au cours d’une rencontre avec la presse.
Le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, également présent, s’est réjoui de cette position. «Il faut maintenir une possibilité d’intervention dans toutes nos régions», a-t-il affirmé. La région Ile-de-France touche environ 700 millions d'euros au titre des fonds structurels pour la période 2007-2013.
Fonds nécessaires
A Bruxelles, les défenseurs d’une politique régionale seulement destinée aux territoires les plus pauvres sont nombreux. Mais, face à eux, des Etats membres comme la France affirment que les fonds de cohésion sont indispensables pour réduire les «poches de pauvreté» qui subsistent dans chaque région.
Le commissaire a estimé que la politique régionale européenne était un moyen de faire face aux circonstances économiques difficiles que traverse l’Europe. «Cette dynamique économique doit continuer malgré la crise», a-t-il expliqué. «Dans une période de restriction budgétaire, les fonds européens sont importants», a répondu Jean-Paul Huchon.
La lettre envoyée avec trois autres commissaires à José Manuel Barroso sur l’avenir de la politique régional ne traduit-elle pas la crainte du commissaire Hahn de voir ses moyens réduits à peau de chagrin? «La peur est toujours mauvaise conseillère en politique», a-t-il estimé. Et de poursuivre : «En juillet, José Manuel Barroso s’est clairement engagé à poursuivre la politique régionale telle qu’elle est aujourd’hui.»
Répartition des compétences
Il a cependant refusé de se prononcer sur la répartition des compétences, très débattue à Bruxelles. Deux services de la Commission européenne, la direction générale de l’Agriculture et la direction générale de la Politique régionale, se disputent en effet la gestion des fonds destinés au développement rural. «Je préfère consacrer mes forces au contenu des politiques», a lancé Johannes Hahn.
Autre sujet de discorde entre les régions et la Commission: la simplification des procédures permettant l’utilisation des fonds. «C’est compliqué du côté de la Commission, mais aussi de la région», a reconnu le vice-président (PS) de l’Ile-de-France en charge des Affaires européennes, Philippe Kaltenbach. «Quelles que soient les réformes, la demande de fonds européens est une démarche longue et complexe, il ne faut pas se le cacher», a-t-il poursuivi. Il a d'ailleurs annoncé que la région travaillait à la mise en place prochaine d’une «plateforme pour aider à monter les dossiers».
Dans une lettre adressée à la fin du mois d'août au président de l’Association des régions de France, Alain Rousset, et révélée par EurActiv.fr, José Manuel Barroso assure que «la politique de cohésion pourra, et devra, jouer un rôle décisif grâce à sa capacité à mobiliser les différents acteurs du développement à tous les niveaux territoriaux». Un ton volontariste de nature à rassurer les partisans d’une politique régionale ambitieuse.
La politique de cohésion en France
Depuis 2007 et jusqu’à 2013, 56 programmes sont opérationnels en France. Ce qui correspond à un montant d’un peu plus de 14 milliards d’euros distribués sur sept ans. Cette somme représente environ 4% des montants alloués par l’UE à l’ensemble des régions européennes.
Huit de ces programmes ont pour objectif la « convergence » (stimulation la croissance et l’emploi), 28 la « compétitivité régionale » (promotion de l’innovation et de l’économie de la connaissance pour améliorer la compétitivité des territoires) et 20 la « coopération territoriale européenne », à travers des programmes interrégionaux qui axent la coopération sur des thèmes comme la recherche, le développement ou la société de l’information.



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