Une commission spéciale du Parlement européen envisage une harmonisation des politiques fiscales et un budget européen entre 5% et 10% du PIB, en contrepartie d'une diminution des budgets nationaux.
Documents officiels
Parlement européen
Rapport final de la commission spéciale sur la crise financière, économique et socialeParlement européen
Retransmission vidéo de la présentation du rapport en commissionConférence des nations unies pour le commerce et le développement
Les IDE dans le monde en 2010
Le 28 mars, la commission spéciale du Parlement européen sur la crise financière a présenté son projet de rapport, rédigé par l’eurodéputée française Pervenche Berès (S&D/PS). Créée en octobre 2009, ce groupe avait pour objectif d’élaborer des propositions pour relancer la croissance et l’emploi en Europe. Son mandat a été prolongé jusqu’en juillet 2011 afin de répondre aux enjeux de la crise de la dette souveraine des Etats membres.
Intégration économique et politique
Les déficits des Etats européens sont au plus haut, et les tensions sur les marchés obligataires se poursuivent. Pour résorber ces problèmes, le rapport exhorte les pays de l'Union à développer une politique fiscale commune et de porter le budget de l'UE, de 5 à 10% du PIB. C'est-à-dire bien au-delà de son niveau actuel et des projets des pays qui veulent limiter à 1% du PIB leur contribution pour les futures perspectives financières (2014-2020).
Selon le Parlement européen, cette augmentation du budget doit aller de pair avec la réduction des budgets nationaux afin de garantir la neutralité fiscale pour les citoyens. Elle doit également passer par l’accroissement des compétences de l’Union, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports ou de la recherche et du développement.
L’UE devrait conditionner la distribution des fonds de cohésion à la volonté des Etats membres de coopérer dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales et de promouvoir la convergence des systèmes fiscaux, estiment également les eurodéputés. Le rapport souligne notamment la nécessité d’un taux de taxation commun pour les entreprises.
Approche différenciée
Parmi les réformes visant à résoudre la crise de la dette publique figure la création d’un Trésor européen. Celui-ci permettrait de fournir une expertise autonome sur la situation financière des Etats membres et leurs besoins. « Il constituerait une sorte de contrepoids à la Banque centrale européenne, explique Pervenche Berès. Une approche unique de la gestion budgétaire des Etats membres n’est pas possible, certains ont besoin d’une marge de manœuvre plus importante.»
Le rapport propose également de transformer, à terme, le mécanisme européen de stabilité financière en Agence européenne de la dette. Cette agence superviserait l’émission d’obligations européennes, également appelées "eurobonds". L’UE pourrait alors emprunter elle-même sur les marchés afin de réduire les coûts d'emprunt des Etats membres en difficulté.
Pervenche Berès préconise enfin la création d’une Communauté européenne de l’énergie afin de renforcer l’indépendance de l’UE, de promouvoir les énergies renouvelables et d’accroître l’efficacité énergétique. « L’accès à l’énergie et aux matières premières, ainsi que leur utilisation rationnelle, contribue à assurer la compétitivité de l’UE », indique le texte.
« Le message final [du rapport], c’est que la révision du traité qui a été actée n’est pas la dernière. Il faudra nécessairement entreprendre une nouvelle révision ou passer par un système de coopération renforcée [entre Etats membres volontaires] », affirme Pervenche Berès. Autant dire que les eurodéputés proposent une vision à long terme. En outre, ce projet de rapport très ambitieux risque d'être abondamment amendé.
CALENDRIER :
- 13 avril : dépôt des amendements
- 5 et 23 mai : examen des amendements
- 30 mai : vote du rapport en commission
- 4 au 7 juillet : vote du rapport en session plénière
Le coût social de la crise
Les chiffres publiés par Eurostat montrent une diminution de l’emploi de 1,8% dans l’Union européenne en 2009.
Le taux de chômage s’élève à 9,6% de la population active, soit plus de 23 millions de personnes.
Près de 21% des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi et 17% des citoyens européens risquent de passer au-dessous du seuil de pauvreté.




Réactions
Chantal (non vérifié), le 29/03/2011
"Compétitivité", le parlement européen n'a plus que ce mot à la bouche, il ne se rend même pas compte que tout le système est en train de s'effondrer !! Repriser, raccommoder n'a toujours duré qu'un certain temps
Aux USA on arrose les marchés, au Japon on arrose la centrale nucléaire, et l'Europe non arrose de.......compétitivité !!
Le peuple a parfaitement compris que la crise était devant, qu'elle était due à plusieurs facteurs dont l'Europe et le capitalisme. Alors non à la compétitivité de l'homme sur l'homme.
L'euro est mort...... !!
Dupont (non vérifié), le 29/03/2011
C'est fini l'Europ car le monde arabe a tjs rêvé depuis des siècles à nouveau de pouvoir faire de l'Europe des califats comme ce fut dans l'ancien temps lointain . A commencer par les immigrants clandestins , des réfugiés de tous parts, là où c'est splendide le loup va passer ....
NATALIA BARO (non vérifié), le 30/03/2011
je crois qu'il s'agit d'un bon projet EUROPEEN, car c'est bien ça le probleme, il faut encore beaucoup de chemin pour unir et harmoniser les diffférents états européens et arriver à parler d'une seule voix (l'Europe politique et économique est encore bien loin). Ceci, d'après moi, va dans la bonne direction. Toutefois il est très ambitieux et j'ai bien des doutes qu'il puisse aboutir sans perdre son essentiel.
Gwen (non vérifié), le 30/03/2011
Si l'Euro était mort, nous subirions les effets de la crise de façon bien plus violente... taux d'intérêts très élevés pour le remboursement de notre dette, attaques contre le franc, dévaluations appauvrissant les ménages qui ont quelques économies, dévaluations qui seraient dépassées par celles opérées en Italie (comme au bon vieux temps :-) ) anéantissant notre volonté d'être les plus compétitifs...
Le peuple n'a rien compris s'il n'a pas compris qu'il serait la première victime de la sortie de la zone euro !!!!! Il faut dire que les extrêmistes de tout poil qui prônent cette solution de pacotille se gardent bien de l'expliquer, ils mentent aux gens pour justifier leur europhobie : c'est scandaleux ! Et comme ils sont conscients qu'ils ne seront jamais au pouvoir, ils savent qu'ils ne risquent pas grand chose à raconter n'importe quoi !
Le Parlement européen est la seule instance qui, aujourd'hui, défende une véritable Europe ! C'est bien dommage !
l'axe germano-français (non vérifié), le 30/03/2011
C'est ça ou la fin de l'euro et de L'UE!
C'est bien simple, n'en déplaise à Mme Merkel et son complice Sarkozy.
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