« La Commission est préoccupée par le fait que les entreprises concernées pourraient être en infraction avec les lois européennes interdisant la constitution de cartels et les activités portant atteinte à la concurrence », a fait savoir l'exécutif européen dans un communiqué.

Ce document ne précise toutefois pas les noms des bourses visées. Il explique seulement que ces entreprises opérent dans le domaine de la « gestion d'échange d'électricité dans plusieurs États membres [de l'UE] ».

Les « inspections inopinées » de la Commission ont été confirmées plus tard par les parties concernées.

« Oui, nos bureaux ont été perquisitionnés aujourd'hui », a déclaré un porte-parole de l'entreprise d'échange d'électricité EPEX Spot basée à Paris. « Nous supposons que ces perquisitions ont été menées en lien avec notre coopération avec Nordpool Spot. »

600 térawattheures

EPEX Spot et le norvégien Nordpool Spot, qui offrent des plateformes d'échange d'électricité à court terme pour les marchés allemand, autrichien, français, scandinaves et suisse, ont annoncé en septembre dernier leur volonté de coopérer pour harmoniser leurs systèmes. 

Ce rapprochement est précisément ce qui pourrait poser problème à la Commission européenne si jamais ce travail commun pouvait s'apparenter à la création d'une bourse commune. A elles deux, EPEX Spot et Noordpool Spot couvrent plus de la moitié des échanges au comptant sur le marché de l'électricité en Europe.

EPEX Spot et Nordpool Spot ont déclaré qu'elles coopéraient avec les autorités pour leur fournir toutes les informations nécessaires.

Ces deux bourses ont un volume de transaction annuel combiné de près de 600 térawatts/heures (TWh), soit plus de la moitié du volume total de l'Europe. Elles opèrent en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Estonie, en Finlande, en France, en Norvège, en Suède et en Suisse.