Dans la foulée de l’accord général de renflouement de la Grèce par les pays de la zone euro de juillet dernier, la Finlande a en solo, demandé des garanties supplémentaires.

Récupérer son argent

Via un accord bilatéral, Helsinki a exigé que ses prêts soient couverts par un nantissement.

Cette somme est évaluée à un milliard d’euros selon certains experts. Elle serait investie par la Finlande elle-même et les intérêts doivent permettre de couvrir la somme prêtée dans le cadre du plan de sauvetage, garantissant au gouvernement finlandais de récupérer son argent. 

Populistes européens

Les raisons d’un tel accord sont à chercher dans la politique intérieure de la Finlande. Depuis les élections du printemps 2011, le gouvernement doit composer avec le Parti des Vrais Finlandais, formation populiste et eurosceptique qui a recueilli 19% des voix.

La contribution finlandaise au plan de sauvetage grec reste limitée à environ 2%. Mais d’autres pays comme la Slovaquie, l'Autriche ou les Pays-Bas demandent aujourd’hui la même chose. L’Allemagne, principale contributrice, n’a pas caché son mécontentement.

Les Pays-Bas ont finalement renoncé à l’idée.

Les agences de notations en embuscade

Cet accord, passé largement inaperçu jusqu’à présent, n’a pas échappé aux agences de notations. Dès le lundi 22 août, Moody’s a expliqué que « l’accord entre la Grèce et la Finlande, en lui-même de faible ampleur, n’en est pas moins très significatif ». La solidarité européenne ne serait ainsi pas sans faille. Un mauvais signal envoyé à des marchés déjà tendus. 

Et la négociation de ces garanties pourraient « retarder la prochaine tranche d’aide financière à la Grèce et donc précipiter un défaut de paiement », a précisé l’agence.