A l'initiative du texte, Berlin veut éviter une nouvelle crise de la zone euro en obligeant ses partenaires à faire converger leurs politiques économiques. Mais les réticences sont fortes.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont un plan pour la zone euro © Consilium
Documents officiels

Que contient le pacte de compétitivité ?
Initialement proposé par l’Allemagne, le pacte promeut l’application de six mesures:
- L’abolition de l’indexation des salaires sur l’inflation. C'est déjà le cas en Allemagne. Mais le Luxembourg, la Belgique, l’Espagne et la Slovaquie sont concernés par ce changement. De son côté, Nicolas Sarkozy a indiqué que l’indexation du salaire minimum en France ne serait pas concernée.
- La reconnaissance mutuelle des diplômes pour faciliter la mobilité des travailleurs en Europe.
- La prévision d’un taux minimim d’impôt sur les sociétés. L’Irlande est dans la ligne de mire. Dublin possède l’impôt sur les sociétés le plus faible d’Europe. Il s’établit à 12,5%.
- L’ajustement des systèmes de retraites sur le développement de la démographie
- L’obligation pour les Etats membres d’inscrire dans leur constitution une «règle d’or» sur le respect des règles budgétaires européennes
- L’établissement d’un régime national de gestion de crises à destination des banques
Les mesures ne viseront que les membres de la zone euro, mais d’autres Etats pourront les adopter, a précisé Nicolas Sarkozy.
Interrogée, dimanche 6 février dans l’émission C Politique (France 5), sur la perte de souveraineté des Etats membres qui adopteraient ce pacte, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde a concédé: «Je suis d’accord avec vous.» Avant d’ajouter: «Il faut que l’on avance ensemble dans la même direction».
Comment la proposition franco-allemande a-t-elle été accueillie?
Le texte n’a pas été officiellement adopté par les dirigeants européens, mais Paris et Berlin ont présenté leur projet à leurs homologues, lors d'une rencontre des dirigeants européens à Bruxelles vendredi 4 février.
Mais les autres Etats ont montré une importante réticence. La Belgique, en particulier, s’est opposée frontalement au projet de Paris et Berlin. Le premier ministre Yves Leterme a indiqué qu’il n’était «absolument pas d’accord» avec les propositions du pacte. «Il doit y avoir plus de coopération économique, mais les Etats membres doivent avoir l’espace de mener leurs propres politiques», a-t-il déclaré dès son arrivée au sommet.
Même méfiance de la part du premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui préside également la zone euro. «Je ne trouve pas vraiment de raisons pour dire qu’abolir l’indexation des salaires permettrait d’améliorer la compétitivité de mon pays ou de la zone euro», a-t-il déclaré à la presse.
Les conclusions du Conseil européen ne font pas de référence explicite à ce pacte. Tout juste évoquent-elles des «mesures supplémentaires visant à donner une qualité nouvelle à la coordination des politiques économiques dans la zone euro pour améliorer la compétitvité, ce qui conduirait à un degré de convergence plus élevé sans porter atteinte au marché intérieur».

Et maintenant?
Les Etats membres de la zone euro ont prévu de se réunir à nouveau début mars. Ils ont convenu de «parachever» un ensemble de mesures. Elles complèteront celles déjà été adoptées le 4 février: «poursuite de la bonne mise en œuvre des programmes existants avec la Grèce et l’Irlande», évaluation des efforts des Etats membres pour renforcer leur situation budgétaire, renforcement du Fonds européen de stabilité et mise au point des «caractéristiques opérationnelles» du mécanisme européen de stabilité.
Cette réunion pourrait intervenir le 4 ou le 7 mars. Reste à savoir qui la présidera. S’agira-t-il du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker? Cette hypothèse n’a pas la faveur de la France et de l’Allemagne, qui préférerait voir le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, prendre la tête de la réunion. Une situation qui s'est déjà produite le cas le 25 mars 2010, en pleine crise grecque.





Réactions
Anonymus (non vérifié), le 08/02/2011
Le problème le plus important et urgent n'a pas été abordé, les déséquilibres énormes dans certains cas des balances commerciales des pays de la zone Euro entre eux.
Ceux-ci sont la cause du surendettement. Surtout parce-que les exportations sont financées par des crédits accordés par les banques des pays exportateurs.
Un pays comme la Grèce par exemple ne peut en aucun cas arriver à avoir le même genre d'économie que l'Allemagne ou même que la France. Il est primordiale de modifier les règles des échanges commerciaux entre pays de la Zone Euro pour arriver à un équilibre des échanges.
Les solutions possibles sont nombreuses, la plus simple cependant serait une imposition des excédents commerciaux par Bruxelles, ces revenus pourraient être destinés à aider au développement des infrastructures des pays les moins développés. De la sorte que les pays qui profitent le plus de l'union monetaire (Euro) participent aussi en consequence.
Anonyme (non vérifié), le 08/02/2011
Jawohl, herr Anonymous
Si vous arrivez à faire accepter ça par les allemands, grands exportateurs (au prix de balances commerciales dégradées et donc d'augmentation du chômage chez beaucoup de pays européens voisins, dont france, espagne, grèce, italie, etc) chapeau!
Et pourtant je suis bien d'accord avec vous! Mais les allemands dans leur grande majorité voient dans ces déséquilibres une preuve de leur supériorité, ce qui n'est d'ailleurs pas totalement faux, mais qui ne correspond pas aux objectifs de la construction européenne!
comme larrons en foire (non vérifié), le 01/03/2011
Bien vu! En fait le la cause du problème de la zone euro c'est aussi le comportement de la France qui appuie souvent l'Allemagne afin d'obtenir en contre-partie aussi des avantages. En fait l'Allemagne et la France s'entendent comme larrons en foire pour s'octroyer le plus d'avantages possible. Je me demande jusqu'où ils pourront aller avant que les premiers pays se décident à quitter la zone euro? Je parierai sur l'Italie, le successeur de M Berlusconi sera certainement M Fini. Il pourrait y avoir des surprises de ce côté, il représente la droite nationaliste! Le chômage des jeunes en Italie a dépasse les 30% et il est surtout du au déficit de la balance commerciale, surtout avec l'Allemagne. L'Italie, comme bien d'autres pays de la zone euro, n'a absolument aucune chance de devenir aussi compétitive que l'Allemagne, ceci surtout à cause de facteurs naturels immuables tells que la topographie du pays ainsi que de sa position géographique et même, dans le sud, de son climat. L'euro ne lui permettant plus les dévaluations périodiques de sa monnaie qui lui permettraient de redevenir compétitive. L'euro étant surévalué, sauf pour l'Allemagne qui affiche un excédent de la balance commerciale pour 2010 de 154 milliards, le dix-septième d'affilée, ce qui est aussi la cause de la surévaluation de l'euro. La zone euro affichant un léger excédent du à l'excédent énorme allemand. Cet excédent est malheureusement réinvesti en dehors de la zone euro et profite ainsi uniquement aux grands industriels allemands en leur permettant ainsi de mondialiser leur production.
Anonymus (non vérifié), le 08/02/2011
Le plus fort n'est pas forcement le meilleur, il y a des facteurs naturels qui interviennet dans la reussite du soit disant "modèle allemand"
L'erreur a été d'accepter la regle de la loi du plud fort. Malheureusement la France avait appuyé la France à l'époque. (pour des raisons bien égoistes d'ailleurs, la France étant deuxième de la classe.
- "Mme Merkel, vous (l'Allemagne et son excèdent commercial voulu et financé au crédit) êtes à l'origine du problème, les banques qui sauteront en premier ce sont les vôtres, il serait urgent que vous trouviez une solution comme de continuer à financer le reste de l'Europe et à déréglementer à toute allure les secteurs ou vous n'êtes pas concurrentiels pour nous permettre de vous vendre quelque chose. Être créditeur, ne vous donne aucun droit spécial tant vous avez été nuls dans la distribution des crédits".
La France a voulu imiter l'Allemagne, elle a cru que le modèle allemande pouvait aussi convenir aux autres pays, c'était bien naïf.
La loi du plus fort n'avantage que le plus fort, le plus fort c'est l'Allemagne, c'était une erreur d'accepter cette règle au départ. Les conséquences se font sentir maintenant.
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