Depuis le début de l'année 2010, le réseau EurActiv a lancé une série d'articles sur des projets co-financés par des fonds européens. Le développement des pistes cyclables en Slovaquie, en partie réalisé grâce à la politique régionale de l'UE, a fait l'objet d'un fort enthousiasme.
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Au début des années 2000, les pistes cyclables ont été le point de départ de la transformation de réseau de transport slovaque. Mais ils ont été construits sans plan ni modèle, sans savoir-faire réel des autorités locales.
«Ils ont été tracés avec une règle », explique Eva Lovasikova, de l'agence de développement régional slovaque Senec-Pezinok. «Des représentants d'intérêt ont juste pris une carte, et décidé où placer la piste cyclable, et l'ont tracée sur une carte sans même demander la moindre permission aux autorités locales.»
Grâce aux fonds européens dédiés aux programmes de coopération transfrontaliers, la situation s'est significativement amélioré. Dans le passé, la Slovaquie avait peu de pistes cyclables modernes. Désormais, avec l'augmentation du nombre de ces pistes, l'état d'esprit change également, et les Slovaques commencent à utiliser ce mode de transport écologique dont la popularité s'accroît. A cette date, 108 kilomètres de pistes cyclables ont été construites dans le pays.
Les petites villes frontalières en Slovaquie, Autriche et Hongrie sont souvent oubliées parce que les trois capitales -Vienne, Bratislava et Budapest- sont très proches les unes des autres. Les habitants de ces métropoles s'arrêtent rarement dans les villages et les petites villes voisines.
Mais en 2005, les régions slovaques ont commencé à coopérer avec leurs homologues autrichiennes et hongroises, développant un prototype de piste cyclable internationale. A cette époque, le projet a été financé par les fonds européens de pré-accession Phare. En seulement un an, la réalisation du projet « pistes cyclables sans frontière» a été achevé avec succès. Depuis, de nombreux villages et villes ont décidé de s'y mettre.
En effet, la naissance de cette piste cyclable internationale a attiré de nombreux touristes dans la région. Des maires se sont alors rendu compte des retombées positives que pourrait avoir ce projet sur leur ville.
Des milliers de touristes à vélo fréquentent désormais cette piste chaque année. Certains d'entre eux viennent de très loin. Sans elle, nombre de ces touristes n'auraient sans doute jamais visité les petites villes frontalières de la région, on souligné des sources locales auprès d'EurActiv.sk.
Outre augmenter les revenus du secteur touristique, la piste cyclable remplit une fonction sociale, écologique et de santé publique. De plus en plus de familles passent désormais leurs week-ends en utilisant cet aménagement. «Ils ont réussi à créer un environnement sûr pour les cyclistes, se réjouit un touriste. C'est également génial pour les virées en famille et les pic-niques dans la nature.»
Culturellement, les pistes cyclables jouent également un rôle pour abattre les barrières entre les pays. Des habitants de ces régions frontalières commencent à coopérer sur le plan européen, et la communication et la coordination sont bien meilleures qu'auparavant, selon plusieurs municipalités.
Des fonds principalement destinés aux infrastructures
En tant que nouveau membre de l'UE, la Slovaquie utilise la majorité des fonds régionaux européens pour la construction de nouvelles infrastructures ou pour rénover celles qui existent. La plupart des projets approuvés par les autorités nationales se ressemblent donc en termes d'étendue et de structure.
Un fonctionnaire du ministère slovaque de la construction et du développement régional a expliqué qu'actuellement, il ne se concentrait pas sur les objectifs stratégiques de long terme de la Stratégie de Lisbonne. "L'objectif principal du programme opérationnel régional est d'améliorer la qualité et l'accessibilité aux infrastructures de base. C'est quelque chose que je considère comme étant l'une des plus importantes réalisations des nouveaux Etats membres, a-t-il déclaré. Nous avons été capables de persuader les vieux Etats membres que nous devions construire en premier l'infrastructure puis seulement ensuite innover et améliorer la compétitivité. Mais sur la prochaine période 2014-2020, nos programmes seront davantage tournés vers Lisbonne", a ajouté le fonctionnaire.
Ce concept de piste cyclable est unique en Slovaquie. Eva Lovasikova de l'agence de développement régional slovaque a déclaré : en construisant les pistes, des opportunités pour les villes et la région dans son ensemble émergent. Le tourisme dans cette zone augmente. De plus, dans le cas des régions transfrontalières, comme celles qui sont proches du Danube et de la Moravie, cela créée de nouvelles manières d'interagir pour ces régions.
Après ce succès, un autre projet actuellement en préparation viserait à connecter les régions viticoles de Slovaquie et d'Autriche avec la République tchèque. Cofinancé par le programme européen Interreg, ce projet, appelé "Région du vélo et du vin : Wienviertel-Moravie du sud" connectera environ 20 villages et leur permettra de partager leurs traditions viticoles et leur culture avec les touristes cyclistes.
Obstacles
Mais tout n'est pas rose. De manière quelque peu surprenante, la dernière intersection de la piste cyclable internationale dans la capitale slovaque Bratislava doit encore être terminée. "C'est très difficile de construire des pistes cyclables ici. Les différends sur les droits de propriété et l'augmentation rapide du trafic compliquent la situation", a déclaré Katarina Szabova, membre de l'organisation municipale STaRZ, en charge du projet.
Mme Szabova a déclaré à EurActiv Slovaquie que toutes ces complications formelles auraient pu être résolues il y a longtemps. Néanmoins, la dernière intersection devrait être finie plus tard cette année.
En Slovaquie, le financement européen est une question relativement récente. Malgré le fait que le pays reçoive plus de 11 milliards d'euros pour la période 2007-2013, la majorité de cet argent doit encore être alloué. Les villes et en particulier les petites villes font face au défi de candidater pour les fonds.
La bureaucratie excessive fait partie des problèmes les plus importants. Selon les experts, beaucoup d'obstacles administratifs ne viennent pas de Bruxelles mais se trouvent en réalité au niveau local. De ce fait, les fonds européens sont considérés aujourd'hui comme quelque chose de très difficile à obtenir et se trouvent entravés par beaucoup de règles absurdes. Il s'agit là d'une charge administrative non nécessaire dès le départ. "Les autorités de prise de décision demandent de nombreux documents qui ne sont même pas nécessaires lors de la phase de projet", a affirmé Ctibor Kostal de l'Institut de gouvernance slovaque.
Il a ajouté que de nombreux projets sont disqualifiés de manière injuste pour des questions insignifiantes comme des dates de candidature écrite ou des guillemets dans le mauvais sens.
En conséquence, de nombreuses petites villes sont souvent découragées. "Les maires de petites villes nous ont dit que bien qu'ils avaient déjà finalisé leurs propositions de projet, ils hésitaient encore à faire acte de candidature pour les fonds européens, a déclaré Helena Polakova de l'Association des villes et villages slovaques (ZMOS).
C'est toujours le cas bien que l'impact des crises financière et économique actuelles sur les budgets des petites villes ait été plus important que prévu", a expliqué Mme Polakova, soulignant que les fonds de l'UE pourraient représenter une aide majeure mais qu'ils restaient très difficiles à obtenir pour les villes.
L'autre problème à résoudre concerne la viabilité à long terme des projets approuvés. Les autorités donnent souvent leur feu vert aux projets qui ne sont pas vraiment adéquats et qui disparaissent dès que les fonds européens s'arrêtent.
Il y a deux difficultés. La première est que les projets sont considérés comme de l'argent facile. Certains groupes qui n'auraient pas pu se permettre ne serait-ce que de penser à réaliser leur idée se portent candidats aux fonds. "Par exemple, la reconstruction d'une école est soutenue mais alors les autorités municipales doivent la fermer parce qu'elle n'a pas suffisamment d'étudiants, a déclaré Kostal de l'Institut de gouvernance slovaque.
Le second défaut, a-t-il expliqué, est que les projets ne sont pas construits pour durer, parce que la durabilité n'est pas un critère dans le processus de sélection."
"Bien que des initiatives soient prises pour gérer de tels difficultés, les changements nécessaires ne sont pas réalisés assez rapidement. La bureaucratie est toujours présente, même si certaines choses se sont améliorées. Mais dans de nombreux cas, cela prend encore trop longtemps pour recevoir le premier paiement pour un projet", a déclaré Miroslav Babka de Zmos.
Contexte
La politique régionale 2007-2013 constitue environ un tiers du budget européen. Les régions dont le PIB par habitant est inférieur à 75% de la moyenne européenne sont éligibles à l'attribution d'une aide régionale européenne.
L'objectif de la politique de cohésion est de réduire le fossé entre les niveaux de développement des différentes régions par la cohésion économique et sociale.
Pour la période 2007-2013, la Slovaquie a perçu 11,3 milliards d'euros. Mais fin 2009, seuls 250 millions d'euros avaient été alloués. La coopération transfrontalière et le développement régional sont l'une des 11 priorités politiques du pays.
En tant que nouvel Etat membre, la Slovaquie a une faible expérience de l'utilisation des fonds européens. Avant la période actuelle, le pays a eu recours à ces allocations entre 2004 et 2006.
Le projet de construction d'une piste cyclable internationale est né en 2005, et a été co-financé par le fonds de pré-accession Phare. Depuis, de nombreuses villes et villages ont décidé de s'y mettre, et de nombreux projets ont été co-financés par les fonds européens soutenant la coopération transfrontalière (Interreg) et le développement régional.
En 2009, la Commission européenne a promu le vélo comme une forme de transport bon pour la santé. Différentes villes européennes se sont engagées à promouvoir l'utilisation du vélo comme des objectifs concrets.




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