Dans un projet de document, détaillé par EurActiv.fr, Bruxelles détaille les différentes options possibles pour réformer la Politique agricole européenne.

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Documents officiels
Commission européenne
Version provisoire d'octobre 2010: The CAP Towards 2020: meeting the food, natural resource and territorial challenges of the futureComité économique et social européen
"La réforme de la politique agricole commune en 2013", Lutz Ribbe (Cese)Commission européenne
Lettre des commissaires Hahn, Damanaki, Andor et Ciolos à José Manuel Barroso, 31 août 2010Ministère de l'Agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire
Position franco-allemande pour une PAC forte au-delà de 2013Commission européenne
«La PAC post 2013», Conférence sur le débat public, Bruxelles, 19-20 juillet 2010Comité des régions
Avis de René Souchon sur l'avenir de la PACCommission européenne
Les bénéficiaires de la PAC dans l'Union européenne
Positions
Notre Europe
PAC : sortir de l’étau budgétaire. L’Union européenne à quitte ou doubleFédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles
Déclaration commune de la FNSEA et de DBV, 11/06/2010
Recherches
Groupe Saint-Germain
Appel de Gembloux
Dans un projet de document, dont EurActiv.fr a obtenu une copie, les services du commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, exposent les grandes lignes de l’avenir de la Politique agricole commune (PAC).
Ce texte de 13 pages, dont la version définitive sera officiellement rendue publique le 17 novembre, pointe trois objectifs que la future PAC devra relever.
Premièrement, elle doit permettre d’atteindre une «production alimentaire viable». Il faut «contribuer aux revenus agricoles et limiter leur variabilité, sachant que les prix et la volatilité des revenus et des risques naturels sont plus marqués [dans le domaine agricole] que dans d’autres secteurs», juge le texte. Le document pointe aussi l’importance de l’amélioration de la compétitivité, ainsi que de la compensation des «contraintes naturelles» inhérentes à certaines régions d’Europe.
Deuxièmement, la future politique agricole devra viser «une gestion durable des ressources naturelles». Pour cela, la Commission envisage de «garantir la production durable et de sécuriser la provision des biens publics environnementaux». La croissance verte sera encouragée par l’innovation «qui requiert l’adoption de nouvelles technologies et de nouveaux produits, ainsi que le changement des processus de production et le soutien des nouveaux modèles de demande».
Enfin, un «développement territorial équilibré» doit être promu, afin de maintenir les emplois dans les zones rurales. Un argument porté par les partisans d’une PAC forte, dont la France, dans lesquels l'agriculture joue un rôle important d'aménagement du territoire. Le projet de texte prend également acte de l’«hétérogénéité» de l’agriculture européenne.
Garantir l'équité
«Pour atteindre tous ces objectifs, le soutien public au secteur agricole et aux régions rurales doit être maintenu», tranche le document. Pour cela, la Commission envisage d’utiliser plusieurs instruments, dont les paiements directs. Des subventions qu’il faut s’efforcer de simplifier, afin de les rendre «compréhensibles» aux yeux des contribuables européens. Elles doivent être distribuées selon des critères aussi «économiques» qu’«environnementaux».
Mais comment distribuer ces aides à tous les producteurs européens de manière équitable? Reprenant les conclusions du rapport Lyon, présenté au Parlement européen au cours de l’été, le projet de texte propose que ces subventions directes puissent être modulées en fonction de critères environnementaux. Elles pourront être complétées, le cas échéant, par des soutiens spécifiques aux «petits paysans» ou aux producteurs faisant face à des «contraintes naturelles spécifiques». Une répartition qui fait la part belle à une conception très «verte» de la PAC.
Par ailleurs, le texte évoque également les mesures concernant les marchés. Outre les outils qui seront posés sur la table à la fin de l’année, lors de la proposition par la Commission d’une série de mesures destinées au secteur laitier, le projet de document affirme notamment que l’amélioration du fonctionnement de la chaîne alimentaire est nécessaire. Il évoque la mise en place de signaux pour alerter sur le bon fonctionnement des marchés agricoles.
La future PAC sera basée, «plus que jamais», sur l’environnement, le changement climatique et l’innovation, martèle le texte, qui fait du «deuxième pilier» de la politique agricole- le pilier «Développement rural»- un volet résolument orienté vers la compétitivité.
Trois options pour réformer
Le projet de la Commission insiste également sur l’importance de la «cohérence» de la politique de développement rural avec les autres politiques européennes. «A cette fin, un cadre commun stratégique pour les fonds européens pourrait être envisagé», précise le document. Ce projet avait déjà été envisagé par le commissaire Dacian Ciolos et ses homologues en charge de l’Emploi, de la Pêche et de la Politique régionale, dans une lettre commune adressée à José Manuel Barroso et révélée par EurActiv.fr.
Une fois ces éléments posés, le document envisage trois méthodes pour réformer la PAC:
- un «statut-quo amélioré», limitant les changements, en se concentrant par exemple sur une distribution plus équitable des paiements directs entre les Etats membres. C’est l’option la plus conservatrice, par rapport à la politique actuelle;
- un «soutien plus équilibré, fléché et soutenable», qui passerait notamment par l’orientation des aides vers une politique plus verte, et des objectifs précis et plus comprésensibles par les citoyens européens;
- un soutien fort aux revenus pour «abolir» les marchés, entièrement centré sur des objectifs environnementaux. Cette option entraînerait une «réduction significative» des taux de production. C’est la voie la plus «radicale», reconnait la Commission qui affirme qu’elle entraînerait «une perte des synergies entre les dimensions économique, environnementale et sociale de la PAC».
Dans la journée du 7 octobre, ce document a semblé circuler très largement, non seulement dans les mains des journalistes mais aussi dans celles des parties prenantes impliquées dans la négociation. Une telle diffusion est-elle destinée à tester certaines idées auprès des agriculteurs, industriels et ONG? Un «ballon d’essai» qui pourrait permettre de recueillir des réactions face à cette version très verte de la future PAC.
POSITIONS
La réaction des syndicats agricoles ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué, le Copa-Cogeca a «tiré la sonnette d'alarme» et indiqué que de telles propositions empêcheraient «les agriculteurs européens et leurs coopératives de remplir leur rôle économique qui consiste à produire des denrées alimentaires et à fournir des services pour 500 millions de consommateurs».
« Les plans de la Commission augmenteront encore plus les coûts imposés aux agriculteurs de l’UE, mettant ainsi en péril leur compétitivité et leur viabilité économique», a déclaré l’organisation, qui regroupe notamment les principaux syndicats agricoles de l’UE.
L'ONG Birdlife, de son côté, applaudit le lien entre le soutien aux agriculteurs et les engagements en matière d'environnement. En revanche, l'organisation déplore que le texte ne fasse aucune mention de la notion de « haute valeur natuelle » de l'agriculture, le rôle des paiements directs pour honorer les engagements du réseau Natura 2000 et celui des « schémas agri-environnementaux ».
CALENDRIER
- 17 novembre: Première proposition de la Commission européenne sur la PAC post-2013
- Avant la fin de l’année 2010: Proposition d’un paquet législatif sur le secteur laitier




Réactions
Demare Olivier (non vérifié), le 08/10/2010
L'agriculture est l'un des principaux pollueurs, elle est donc un enjeu de santé mondiale (pollution atmosphérique, pollution des sols, pollution des eaux souterraines et des nappes phréatiques, pollution des mers, destruction de la biodiversité, concentration des poluants -herbicides et engrais- dans le corps des consommateurs).
Face à ce constat, il me paraît inévitable que la PAC ait une politique orientée vers l'environnement.
La PAC, comme l'agriculture doit évoluer, se moderniser ... faire sa révolution.
Si tout est affaire de dosage et de progressivité pour ne pas "mettre le couteau sous la gorge" des pollueurs : une fiscalité agricole type bonus / malus, me parît être un outil indispensable et inévitable pour l'avenir de la santé humaine et de la préservation de l'environnement.
N'oublions pas que le progrés scientifique peut être autant bénéfique que néfaste à l'homme et à l'environnement (Tchernobyl, Hiroshima, etc ...); si les politiques ne prennent pas leurs responsabilités, c'est la main invisible des marchés financiers et le pouvoir des lobbys agro-industriels qui s'imposent comme cela est le cas depuis la mise en place de la PAC, avec une une incidence directe sur la détérioration de la santé de l'homme et de l'environnement... ceci nous ramène à une logique marchande : "les profits sont individuels, les coûts sont collectifs !
Michel (non vérifié), le 10/10/2010
Par rapport au commentaire précédent quelques remarques :
a) l'agriculture a d'abord vocation a nous nourir nous les hommes en préservant ou en limitant justement l'utilisation des ressources naturelles sauvages (chasse, pêche, cueillette,...).
b) l'agriculture avant d'être une source de pollution, est d'abord une source de dépollution : les plantes réalisent la capture du carbone et de l'azote minéral (CO2, nitrates, etc.) pour les transformer en matière organique que nous, animaux, pouvont utiliser.
c) les deux exemples cités pour mettre en exergue le danger présenté par le progrès scientifique ("tchernobyl" et "hiroshima") n'ont aucun rapport avec le progrès en agriculture ou même plus généralement en biologie.
d) l'argent c'est d'abord et surtout le premier outils de l'émancipation de l'individu. Dans les sociétés basées sur le troc des biens, chaque individu est prisonnier et dépendant des autres car il lui est impossible de cumuler le résultat de son labeur.
Moise44 (non vérifié), le 12/10/2010
Pour vous répondre Michel, Je vais reprendre vos arguments un a un, qui sont eux mêmes des contradictions du commentaire précédent :
a) Est-ce que vous comparez l'agriculture européenne a une activité humaine de survie de la préhistoire ? Je ne comprends pas ! ? En quoi abattre des arbres pour avoir plus terres arables est une limitation volontaire des ressources ? Oui, je remonte loin aussi mais pas autant que vous : l'Europe avant l'age de fer était recouverte de forets qui ont servies dans les forges des "civilisations barbares" pour former les armes de la domination.
b) Le bilan carbone de l'agriculture est partout en Europe considéré comme fortement négatif a cause de l'énergie dépensée en mécanisation, apports d'engrais synthétiques fabriqués a partir de ressources fossiles carbonées (savez vous comment sont fabriqués ces fameux nitrates ? Avec du méthane aussi appelés GAZ NATUREL !(ceci est valable pour l'azote, les autres je ne sais pas)). Combien de matière végétale faut il pour fabriquer 1 calorie animale ? Le rapport est de 10 pour 1, et en plus les bovins rotent et pètent ce qui dégage du méthane au PRG=25. Bref au finale lorsque l'on consomme 1kg de viande, il aura fallu environ 1.1L de pétrole ! Les labours qui retournent la terre émettent aussi du méthane (bah oui, la terre c'est aussi de la matière en décomposition. Les NOx dus aux dispersions d'azote pour la culture du maïs destiné a nourrir les bovins en hiver ont aussi un PRG élevé (PRG=310 : (http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=16003)). Donc l'agriculture EST BEL ET BIEN UNE SOURCE DE POLLUTION multiples ....
c) Certes les deux exemples cités ne sont pas en concordance avec le sujet, mais il en existent de multiples exemples en agriculture : bohpal, le DDT, les nitrates dans les eaux de Bretagne, les OGMs .... Je penses qu'il voulait simplement dire que la technologie est souvent mal utilisées parce que nous pensons pouvoir maitriser la nature sans prendre le temps de réfléchir a nos actes en l'employant trop vite. Je ne vous parle même pas des mauvais traitements infligés aux animaux sauvages ou pas et pour quelques raisons que ce soient !
d)L'argent est pour moi synonyme de dépendance et se rapproche de l'effet de la drogue en limitant la liberté de chacun d'entre nous (même ceux qui n'en manquent pas en veulent toujours plus !) ! En revanche, Si les autres gagnent, tous gagnent, contrairement a votre idée de concentration extrême. Alors que partager ses connaissances et sa vie avec les autres est plutôt une raison de l'existence et de la vie sociale ! Cette chose qui fait de nous des humains capables de communiquer et de ressentir plus que ce que nos sens nous le permettent !
Je terminerais en citant les amérindiens qui vivaient, je penses, bien plus en harmonie avec leur environnement que nous avant que nous allions prendre leur terre et leur mode de vie :
Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas.
Pour revenir au sujet :
Je penses qu'il faudra bien un compromis et que la 2eme proposition serait la moins brutale, bien que je pencherais pour la troisième considérée comme extrême. Mais au final, je suis presque sûr que les dégonflés (godillauds ?) de Bruxelles vont rester sur le statut quo déplorable et pitoyable !Peut être même que la France en sera l'un des principaux responsables malheureusement ...C'est bien ce qui me désole le plus, car il s'agit en fait de préserver les retours d'argent de Bruxelles aux agriculteurs français. Je veux dire pour nos dirigeants français, car il faut garder un électorat conséquent et a un fort pouvoir de nuisance médiatique mais qui diminue inexorablement au fur et a mesure de l'avancée de la mécanisation généralisée et de son augmentation en puissance qui tue les petites exploitations traditionnelles et nous fait perdre des savoirs ancestraux).
Désolé de plomber l'ambiance mais comment voir autrement ?
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