Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino est souvent présenté comme un eurosceptique, en raison de ses positions très critiques par rapport aux politiques européennes, notamment vis à vis de la politique monétaire menée par la BCE.

Refusant cette étiquette, il assume néanmoins, dans un entretien accordé aux Euros du village, ses votes négatifs aux référendums sur le traité de Maastricht et sur le projet de Constitution, ainsi que sa volonté de bousculer les comportements et la manière de faire à Bruxelles.

Selon le conseiller,  il faut en effet pouvoir « discuter de tout », comme cela se fait dans une démocratie. Il souhaite ainsi « remettre de la politique en Europe », afin de prendre des décisions démocratiques, issues de débats entre les dirigeants politiques.

S’agissant de ses prises de position sur la politique monétaire et la nécessité de limiter l’indépendance de la BCE, Henri Guaino estime que la force juridique du statut de cette banque centrale ne doit pas empêcher les débats. Selon lui, ces statuts peuvent faire l’objet d’un débat politique pouvant aller jusqu’à leur modification.

Considéré comme l’inspirateur du projet d’Union pour la méditerranée prôné par Nicolas Sarkozy, Henri Guaino est satisfait de la transformation importante qu’a subi le projet initial. L’intégration de ce projet dans les mécanismes européens déjà en place avec le processus de Barcelone, et donc l’intégration de tous les Etats membres de l’UE dans cette initiative, sont en effet bien loin de ce qui avait été imaginé au préalable.

Néanmoins, pour le conseiller spécial du président de la République, cette « Union pour la Méditerranée » est « la meilleure synthèse que l’on pouvait faire » des différentes positions en présence. A cet égard, il souligne que cette solution représente bien une « synthèse », et non un « compromis ».

L’Union pour la Méditerranée permettra, sans doute, d’aller plus vite que si les deux processus avaient été poursuivis en parallèle. En outre, la seule différence entre les deux projets, réside, aux yeux du conseiller, dans la place accordée aux Etats membres de l’UE.

Sur l’adhésion de la Turquie à l’UE, la position de la France n’a pas évolué. Les discussions restent ouvertes sur tous les volets qui « n’entraînent pas automatiquement l’adhésion », tels que le partenariat privilégié mis en avant par Nicolas Sarkozy comme une alternative à l’adhésion.

Si Henri Guaino se félicite de cette position claire et stable, “qui est un gage de vérité”, il précise que la question de l’Union méditerranéenne et celle de l’adhésion de la Turquie n’ont jamais été liée.

Par ailleurs, quelques mois avant la Présidence Française de l’UE (PFUE), le conseiller spécial du président de la République estime que cette Union pour la Méditerranée sera « sans doute le projet historique de la PFUE », bien qu’elle ne soit pas inscrite dans ses priorités.

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