« Nous sommes tombés d’accord sur tous les points », a déclaré le ministre polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz. Comme l’avait annoncé, mercredi 18 mars, son premier ministre, Donald Tusk, la Pologne et les autres Etats d’Europe centrale et orientale ont fait pression en faveur du projet de gazoduc Nabucco lors du Conseil européen des 19 et 20 mars (EurActiv.com 18/03/09). 

L’Allemagne a donc finalement accepté d’inclure Nabucco dans la liste des projets financés. Berlin a également consenti que 200 millions d’euros soient consacrés à un mécanisme de financement du partage des risques prévoyant de garantir des prêts à de meilleures conditions que celles offertes par le marché. La chancelière allemande, Angela Merkel, avait initialement refusé de soutenir tout financement public pour le gazoduc, qui pourrait réduire la dépendance de l’UE au gaz russe (EurActiv.com 17/03/09). 

Mme Merkel a apparemment cédé aux pressions. En échange, elle a demandé que les sommes soient dépensées rapidement afin d’aider à la relance économique de l’Europe à court terme. Le document adopté prévoit l’investissement de deux millions d’euros dans des projets énergétiques en 2009, et 1,975 milliards supplémentaires en 2010, soit au total, 3,975 milliards. 

Des fonds perdus

Ces mesures pourraient toutefois signifier que les fonds alloués à Nabucco et à d’autres projets, soutenus par les pays d’Europe de l’Est, pourraient être perdus. Généralement, « ces pays absorbent lentement les fonds européens », a indiqué un diplomate à EurActiv.com

La proposition initiale de la Commission prévoyait 3,5 milliards d’euros pour le financement de projets dans le domaine de l’énergie, c’est à dire une somme moins importante (EurActiv.com 29/01/09). Mais puisque les Etats membres ont ajouté d’autres projets à la liste initiale, une nouvelle somme a été avancée. Or, comme le montant total du projet est plafonné à cinq milliards, certains montants ont du être réallouées. Ainsi, près de 500 millions d’euros ont été retirés au bénéfice des projets de développement de l’internet à large bande dans les zones rurales et à ceux relatifs aux nouveaux défis de l’agriculture. 

Une comparaison avec des versions précédentes de la proposition de l’exécutif européen montre que les sommes allouées aux deux pays européens le plus sévèrement touchés par la crise gazière n’ont été que légèrement augmentées : la Slovaquie partagera 30 millions d’euros avec son voisin (au lieu de 25 millions) pour l’interconnexion gazière avec la Hongrie, et la Bulgarie recevra 45 millions (au lieu de 40 millions) pour une autre interconnexion avec la Grèce. Les infrastructures permettant d’inverser les flux gaziers entre un certain nombre de pays d’Europe centrale et orientale obtiendront 80 millions au lieu des 75 millions initialement prévus.  

En compensation, l’Allemagne reçoit 50 millions pour son seul projet d’énergie éolienne offshore dans la mer du Nord. 

Certains pays européens ont du accepter en parallèle que les projets de stockage de carbone soient réduits à 180 millions d’euros au lieu des 200 millions prévus par le premier projet. 

Mais des doutes persistent sur le financement du plan. Selon le texte final, des estimations plus précises seront connues une fois la procédure budgétaire de 2010 achevée, à savoir à l’automne 2009. 

La balle est désormais dans le camp du Parlement européen qui doit approuver le plan et son système de financement. Des eurodéputés ont déjà annoncé qu’ils pourraient chercher à le modifier. 

Le vice-président des Verts européens, Claude Turmes, a indiqué dans un entretien à EurActiv.com qu’il mettrait en place une minorité de blocage pour que le plan soit amendé (EurActiv.com 13/03/09).