Respecter les objectifs de 3% du PIB consacrés à la recherche et au développement (R&D), les 20% de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2020 ne sera pas possible sans une incitation forte, selon la CFDT. Dans la perspective de la Présidence française de l’UE en 2008, le syndicat estime donc nécessaire de renforcer l’action de l’UE en matière de R&D dans le domaine du développement durable.
Diagnostic:
L’objectif fixé par la stratégie de Lisbonne de 3% du PIB concernant l’effort en matière de recherche et développement risque de rester hors d’atteinte sans une initiative concrète.
Les objectifs établis par le Conseil européen de mars 2007 sur l’énergie et la réduction des gaz à effet de serre sont ambitieux et nécessitent une incitation forte.
Dans les domaines de réduction des gaz à effets de serre, de développement d’énergies renouvelables, d’économies d’énergie, de recyclage des déchets, etc., de nombreuses initiatives technologiques et industrielles prises dans les Etats membres constituent une base de développement prometteuse. Mais il n’existe pas, aujourd’hui, de lieu d’échange et de coordination entre elles, et certains pays peuvent souffrir d’un manque de moyens pour en développer.
Ces technologies revêtent une importance capitale pour porter un développement économique compatible avec le respect de l’environnement dans les décennies à venir. Elles constituent un gisement important d’emplois. L’Union européenne peut contribuer à rendre l’action des Etats membres plus efficace en favorisant les échanges d’expériences et les coopérations.
Le développement durable répond aux défis d’aujourd’hui et peut être un objectif partagé renforçant la politique européenne. La CFDT attend des résultats du Grenelle de l’environnement. Elle milite pour que les projets retenus s’inscrivent dans une dimension européenne.
Solutions envisagées:
Pour renforcer l’action de l’Union européenne en matière de recherche et développement dans ce domaine, nous proposons de :
■ Mettre en réseau les universités et les centres de recherches (privés et publics) susceptibles de mener des travaux dans le domaine du développement durable en se basant sur ses trois piliers : économique, environnemental et social.
- Economique : recherches sur les techniques de production d’énergies renouvelables, les économies d’énergie et de matières premières, le recyclage, etc.
- Ecologique : recherches sur le climat, la biodiversité, la dépollution de sites, études sur l’évaluation des technologies (par exemple, bilan des agrocarburants), etc.
- Social : études portant sur l’impact de l’intégration de la vision « développement durable » sur l’emploi, les reconversions industrielles, les filières de formation, l’influence des modes de consommation ou de l’urbanisme, etc. Ce volet doit être conduit en collaboration étroite avec la Fondation de Dublin (et son Observatoire sur le changement).
■ Favoriser les échanges d’informations, l’optimisation des ressources, la mobilité des étudiants et des chercheurs, les coopérations, etc.
■ Favoriser les applications technologiques et industrielles, mettre en relation industries, centres de recherches, organismes de financement publics et privés, etc.
Cela permettra de stimuler des coopérations et des synergies à l’échelle européenne et contribuera positivement et concrètement à la relance des objectifs de la stratégie de Lisbonne.
Pour réaliser ces objectifs, l’Union européenne pourrait mettre en place une agence dédiée pouvant intégrer des organismes nationaux et européens existants : AII, OSEO, pôles de compétitivité, etc.
Le comportement des entreprises est déterminant pour progresser dans une Europe du développement durable. La responsabilité sociale des entreprises doit traduire concrètement une telle stratégie. La mise en place d’indicateurs sociaux et environnementaux à l’échelle européenne devrait faire l’objet d’un travail des partenaires sociaux, en lien avec la Commission européenne.




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