A la veille de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev, mercredi 8 octobre en marge du Forum «World Policy Conference» d’Evian, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, a fait le point sur la situation à l’Assemblée Nationale. Selon l’accord conclu un mois auparavant entre l’UE et la Russie, les troupes russes doivent se retirer d’ici le 10 octobre.
Documents officiels
Revue de presse
Le Figaro
A Evian, Medvedev en mission de conciliationRIA Novosti
Rencontre Medvedev-Sarkozy
«L’intervention russe d’août 2008 était disproportionnée». Devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Bernard Kouchner a une nouvelle fois rappelé le soutien de la France au Président de la Géorgie Mikheil Saakachvili. (EurActiv.fr 02/09/2008). Mais pas question pour autant d’envisager une intégration de Tbilissi dans l’Alliance Atlantique. Le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé le front commun des six pays fondateurs de l’UE sur la question, «qui ont refusé l’IPAP (plan d’action individuel pour le partenariat) prévoyant une adhésion de la Géorgie à l’OTAN».
Retrait des troupes et reprise du partenariat?
Face aux députés, le ministre des Affaires étrangères a estimé que «pour l’UE, le dialogue avec la Russie est nécessaire et indispensable». La première priorité de la Présidence française –après la cessation des hostilités– a été le maintien d’une unité européenne sur conflit russo-géorgien, préalable à un dialogue UE/Russie crédible. (EurActiv.fr 11/09/2008). «Il n’était pas possible pour la Russie de modifier les frontières par la force», indique M. Kouchner. Dans les prochaines semaines, la diplomatie française entend bien consolider les consensus européens sur la Russie, en prévision du Sommet UE/Russie, qui se tient à Nice le 14 novembre prochain.
«Pour l’instant, M. Medvedev a tenu ses promesses. Nous espérons donc que le retrait russe sera fait pour le 10 octobre.» Le 8 novembre à Evian, Nicolas Sarkozy aura l’occasion de mesurer le degré de coopération de Moscou. Sur la question des approvisionnements énergétiques, notamment le gaz, la Russie est en position de force par rapport à l’Europe. Devant les députés, le ministre a évoqué en des termes qui restent flous son «intention de proposer aux russes l’organisation d’un espace économique entre l’UE/Russie». Sauf imprévu, la reprise du partenariat UE/Russie devrait donc être à l’ordre du jour le 14 novembre 2008.
Et si la Russie ne tenait pas ses engagements sur le retrait des troupes d’ici le 10 octobre? Dans cette hypothèse, «tout serait reporté», a prévenu Bernard Kouchner. Actuellement, plus de 300 observateurs européens issus de 22 pays sont déployés en Géorgie. Ils ont pour charge de s’assurer du retrait effectif des troupes russes, qui était toujours incomplet le 6 octobre dernier.
Contexte
Signé entre l’UE et la Russie, l’accord du 8 septembre relatif à la Géorgie prévoit six points: absence de recours à la force, cessation des hostilités de façon définitive, libre accès à l’aide humanitaire, retour des forces géorgiennes dans leurs lieux habituels de cantonnement, retrait des forces russes sur des lignes antérieures au déclenchement des hostilités et ouverture de discussions internationales sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du sud.
Moscou a reconnu l’indépendance des deux régions séparatistes de Géorgie. Cette initiative est dénoncée par l’UE et les Etats-Unis. Avec la Russie, le Nicaragua est le seul pays ayant à ce jour à avoir reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Les tensions russo-géorgiennes sont toujours très sensibles. Le 3 octobre, l’explosion d’une voiture à Tskhinvali, la capitale de la région d'Ossétie du Sud, a tué huit soldats russes dont un chef d’état-major.
Deux conceptions s’opposent en Europe sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la Russie. Les anciens pays du bloc soviétique, le Royaume-Uni et la Suède sont partisans de sanctions fermes, alors que les pays de la «Vieille Europe» sont plus modérés.




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