«L’intervention russe d’août 2008 était disproportionnée». Devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Bernard Kouchner a une nouvelle fois rappelé le soutien de la France au Président de la Géorgie Mikheil Saakachvili. (EurActiv.fr 02/09/2008). Mais pas question pour autant d’envisager une intégration de Tbilissi dans l’Alliance Atlantique. Le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé le front commun des six pays fondateurs de l’UE sur la question, «qui ont refusé l’IPAP (plan d’action individuel pour le partenariat) prévoyant une adhésion de la Géorgie à l’OTAN».

Retrait des troupes et reprise du partenariat?

Face aux députés, le ministre des Affaires étrangères a estimé que «pour l’UE, le dialogue avec la Russie est nécessaire et indispensable». La première priorité de la Présidence française –après la cessation des hostilités– a été le maintien d’une unité européenne sur conflit russo-géorgien, préalable à un dialogue UE/Russie crédible. (EurActiv.fr 11/09/2008). «Il n’était pas possible pour la Russie de modifier les frontières par la force», indique M. Kouchner. Dans les prochaines semaines, la diplomatie française entend bien consolider les consensus européens sur la Russie, en prévision du Sommet UE/Russie, qui se tient à Nice le 14 novembre prochain.

«Pour l’instant, M. Medvedev a tenu ses promesses. Nous espérons donc que le retrait russe sera fait pour le 10 octobre.» Le 8 novembre à Evian, Nicolas Sarkozy aura l’occasion de mesurer le degré de coopération de Moscou. Sur la question des approvisionnements énergétiques, notamment le gaz, la Russie est en position de force par rapport à l’Europe. Devant les députés, le ministre a évoqué en des termes qui restent flous son «intention de proposer aux russes l’organisation d’un espace économique entre l’UE/Russie». Sauf imprévu, la reprise du partenariat UE/Russie devrait donc être à l’ordre du jour le 14 novembre 2008.

Et si la Russie ne tenait pas ses engagements sur le retrait des troupes d’ici le 10 octobre? Dans cette hypothèse, «tout serait reporté», a prévenu Bernard Kouchner. Actuellement, plus de 300 observateurs européens issus de 22 pays sont déployés en Géorgie. Ils ont pour charge de s’assurer du retrait effectif des troupes russes, qui était toujours incomplet le 6 octobre dernier.