L’efficacité énergétique est l’un des piliers de la révolution énergétique qui permettra à l'UE de réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, estime Greenpeace. Dans le cadre de la Présidence française de l'UE en 2008, l'ONG préconise ainsi l’adoption d’un cadre législatif contraignant en vue d'atteindre l’objectif de réduire de 20% la consommation énergétique de l'UE d’ici à 2020.
Diagnostic:
Le 9 mars dernier, les dirigeants des pays membres de l’Union européenne ont pris l’engagement de réduire de 20% la consommation totale d’énergie primaire de l’UE d’ici 2020. L’efficacité énergétique est le pilier de la révolution énergétique qui permettra à l’Union européenne de réduire par quatre ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.
Le Scénario [R]évolution énergétique, vers un avenir propre et durable en Europe, publié par Greenpeace en 2005, révèle que l’exploitation des potentiels d’efficacité énergétique peut permettre de réduire la demande actuelle d’énergie finale de 45 000 PJ/an à 31 000 PJ/a en 2050, soit environ 2 tiers de la demande d’énergie finale actuelle. C’est la moitié de la consommation d’énergie prévue par le scénario de référence, développé par la Commission européenne, selon lequel la demande finale d’énergie va augmenter de 40%, de 45 000 PJ/a à 65 000 PJ/a en 2050. L’exploitation de ce potentiel ne se fera pas sans une politique ambitieuse en matière d’efficacité énergétique à l’échelle de l’Union européenne.
Le plan d’action pour l’efficacité énergétique de la Commission, présenté le 19 octobre 2006, rappelle dans son introduction que “l’Europe continue à gaspiller 20% de son énergie par manque d’efficacité énergétique (…). Le coût direct de cette incapacité à utiliser efficacement l’énergie s’élèvera à plus de 100 milliards d’euros par an en 2020”.
Solutions envisagées:
L’objectif de réduction de 20% de la consommation d’énergie de l’UE d’ici à 2020, adopté en mars 2007, doit être contraignant, tout comme l’objectif de développer de 20% les énergies renouvelables. Cela nécessite l’adoption d’une législation pour la mise en œuvre de cet objectif d’efficacité énergétique.
Parallèlement, les directives existantes sur l’efficacité devront être révisées pour assurer que le vaste potentiel de réduction des pertes d’énergie à l’échelle européenne soit optimisé. A savoir :
- la directive sur la cogénération du 11 février 2004, visant la promotion de la cogénération à haut rendement, qui ne représentait que 11% de la production totale d’électricité de l’UE en 1998;
- la directive sur la performance énergétique des bâtiments qui, pour l’heure, ne concerne que les bâtiments de 1000 m2;
- enfin, la directive relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques. Cette directive fixe aux Etats membres un objectif national d’économie d’énergie de 9% à atteindre sur une période de 9 ans (entre 2008 et 2017). Cependant, cet objectif ne revêt qu’une simple valeur indicative et n’a aucune valeur juridiquement contraignante. De fait, seuls 15 pays ont soumis leurs plans nationaux sur l’efficacité, et 3 seulement l’ont fait à temps.
Enfin, les directives à venir ou en cours de négociation doivent traduire la mise en oeuvre concrète du plan sur l’efficacité énergétique, présenté le 19 octobre 2006. Au total, plus de 75 mesures sont proposées afin de permettre à l’UE d’économiser 20% de sa consommation d’énergie primaire d’ici à 2020. Le plan prévoit une période de mise en oeuvre de six ans. Mais certaines mesures considérées comme prioritaires devront être adoptées immédiatement.
Parmi elles :
- La directive établissant un cadre pour la fixation d’exigences en matière d’écoconception applicables aux produits consommateurs d’énergie devra aboutir à :
- une réglementation contraignante définissant des standards d’efficacité énergétique des appareils et systèmes consommateurs d’énergie ;
- des mécanismes de diffusion : révision et généralisation de l’étiquette énergie, intégration aux Certificats d’Economie d’Energie, TVA réduite à 5,5% pour les appareils les plus efficaces, etc. ;
- la mise en place d’un système de certification, suivi et contrôlé.
- La législation sur l’efficacité des moteurs automobiles devra contraindre les constructeurs automobiles européens à des mesures ambitieuses de réduction de la consommation à 120 grammes de C02 par kilomètre d’ici 2012, et 80g de C02 par kilomètre d’ici 2020.




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