Le ministère des Affaires étrangères et européennes poursuit son petit tour de France des «Paroles d’Européens», cycle de conférences publiques censé associer le plus grand nombre de citoyens à la Présidence française de l’UE. Après Lille, Marseille, Lyon, La Rochelle et Paris, Nantes a accueilli les 10 et 11 octobre 500 jeunes issus des 27 Etats membres et de pays tiers proches de l’UE – Croatie, Géorgie, Turquie, Azerbaïdjan, Russie. Réunis en 24 ateliers, les participants ont essayé de penser l’Union européenne de 2020, avec l’appui de 24 «témoins» qui, selon la formule du ministère, «vivent l’Europe au quotidien.»

Brainstorming européen sur fond de crise financière

«C’est la première fois que plusieurs centaines de jeunes de l’Union européenne et d’autres pays se retrouvent ainsi pour débattre et faire des propositions concrètes sur l’Europe. Dans ces temps difficiles, il est important de se mobiliser», a indiqué Jean-Pierre Jouyet, conscient que le vrai débat européen du week-end ne se tenait pas à Nantes, mais à Paris autour de la crise financière. (EurActiv.fr 13/10/2008).

A Nantes, le forum «Paroles d’européens» a été l’occasion pour les participants de faire valoir «un besoin de plus d’Europe.» «Les jeunes sont motivés par la question européenne», indique par exemple Helga, venue de Hongrie pour l’occasion. Pendant les débats, 500 jeunes – étudiants, jeunes professionnels, apprentis – ont évoqué pêle-mêle un statut d’association européenne , les subventions de la PAC,  l’armée européenne ou encore un jour de vote unique pour les élections européennes. Quatre thèmes encadraient les discussions: le renforcement des liens entre l’Europe et ses citoyens, une Europe innovante et solidaire, une Europe du développement durable, la position de l’Europe dans le monde de demain.

Jean-Marc Ayrault, le député-maire de Nantes (PS), a quant à lui profité de «Paroles d’européens» pour souligner la nécessité d’une gauche renouvelée dans le contexte de la crise financière. Selon M. Ayrault, il faut maintenant «redéfinir la social-démocratie, dans sa dimension européenne et par rapport à la mondialisation.» Estimant que l’époque de dérèglementation touchait à sa fin, le député-maire de Nantes a appelé à «une nouvelle ère de règles du jeu conciliant développements sociaux, économiques et environnementaux.»

«On espère que ce n’est pas que du vent»

Au final, à l’issue d’un vote, 12 propositions ont été retenues (voir encadré) et remises à M. Felipe Gonzales, président du Groupe de réflexion sur l’avenir de l’Union européenne. Chargé de se pencher sur le futur de l’Europe à l’horizon 2020-2030, le Groupe de réflexion doit présenter son rapport au Conseil européen de juin 2010. Madame Vike-Freiberga, ancienne présidente de Lettonie, a estimé pour sa part que c’était désormais «aux jeunes de veiller à la mise en œuvre effective de leurs propositions, en s’impliquant dans la politique européenne.» A ce titre, M. Jouyet a rappelé que «dès aujourd’hui, les jeunes doivent s’inscrire sur les listes électorales pour participer aux élections européennes de juin prochain.»

Du côté des participants, on souligne la nécessité de «prendre davantage en compte la voix des jeunes» et de donner suite aux projets, afin que ceux-ci ne «soient pas que du vent.» Les douze propositions pour 2020 de Nantes seront-elles suivies d’effet ? Selon Jérôme, «derrière la communication du ministère, nous avons partagé durant deux jours une réelle envie d’Europe. 2020 c’est demain, les politiques européennes doivent dès maintenant être réellement ambitieuses et dépasser les égos nationaux.»