La stratégie environnementale actuelle de l’UE est incomplète et paradoxale, estime l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Dans le cadre de la Présidence française de l’UE en 2008, l'OFCE préconise dès lors de développer le projet de Communauté européenne de l’environnement, de l’énergie et de la recherche (C3ER) pour favoriser l’indépendance énergétique de l’Europe et la préservation de son écosystème.
Diagnostic:
Les Etats européens, sous l’impulsion allemande, sont parvenus à s’accorder en mars dernier sur l’objectif de réduire de 20% d’ici à 2020 leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Mais comment faire pour que l’ambition d’un développement durable ne devienne pas « un agenda de Lisbonne » bis, une immense ambition aux moyens réduits faute de stratégie de convergence et d’instruments à la hauteur des enjeux? La politique environnementale est en effet un art d’exécution : tout est affaire de moyens dès lors que les fins, sur l’essentiel, font l’objet d’un consensus.
Or, la stratégie environnementale de l’Union européenne est, en l’état actuel, incomplète et paradoxale : elle penche nettement du côté de la libéralisation et du libre jeu du marché et pas assez du côté des incitations et du volontarisme politique, alors qu’une combinaison des deux approches se révélerait vraisemblablement plus efficace et que l’UE a tous les moyens pour la mettre en œuvre.
Solutions envisagées:
Le projet de Communauté européenne de l’environnement, de l’énergie et de la recherche (C3ER) vise à forger un nouveau contrat social européen entre les Etats membres de l’Union et entre les gouvernements et les peuples européens. La C3ER poursuivrait deux objectifs étroitement liés entre eux : d’une part, l’indépendance énergétique de l’Europe, qui serait doublement servie par les nouvelles technologies de l’énergie et de l’environnement et par l’accroissement du pouvoir de négociation de l’Europe sur les marchés mondiaux; d’autre part, la préservation et l’amélioration de notre écosystème. Les enjeux agricoles doivent donc bien entendu être intégrés dans la C3ER.
La CECA avait pour ambition de mettre en commun les matières premières de la guerre pour la rendre matériellement impossible. La C3ER viserait à mettre en commun les ressources du développement économique pour empêcher son épuisement et relancer la croissance européenne. C’est le développement de la production de charbon qui était au centre de la CECA. C’est la réduction de la production de carbone qui serait au centre de la C3ER.




Réagissez