C’est une première victoire pour Nathalie Kosciusko-Morizet. La question des organismes génétiquement modifiés (OGM) a été abordée par les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept à la demande de la secrétaire d’Etat française à l’écologie. Depuis plusieurs mois, la France tente de hisser ce débat au niveau européen.

« La France a été à l’initiative d’un débat au printemps dernier, puis d’un débat formel en juin », s’est réjouie la secrétaire d’Etat, avant d’annoncer que les OGM constituaient « le cœur de l’informelle ». L’ancienne ministre de l’Environnement, Corine Lepage, est intervenue auprès des ministres sur le sujet.

Et la volonté européenne de renforcer l’évaluation des OGM semble se renforcer. N. Kosciusko-Morizet a même annoncé la création d’un groupe de travail, qui sera chargé de faire le point sur le sujet. Une annonce qui vient officialiser une décision prise le 2 juillet au Conseil des représentants permanents (Coreper) à Bruxelles.

Ce « groupe des amis de la présidence » devra présenter ses conclusions au prochain Conseil des ministres de l’Environnement, les 4 et 5 décembre. Mais avant cela, les ministres de l’Environnement des Vingt-Sept auront l’occasion de reparler de ces questions au Conseil environnement, début octobre.

« En collaboration avec la Commission », le groupe traitera notamment de l’amélioration du fonctionnement de l’expertise ou du renforcement de l’évaluation en matière sanitaire et environnementale. « Les sensibilités sont variées, a noté N. Kosciusko-Morizet, mais il y a une volonté commune d’avancer dans ces travaux. »

Si certains Etats, comme les Pays-Bas, sont plutôt favorables aux OGM, « des sondages dans toute l’Europe montre que la majorité des citoyens y est plutôt défavorable », a déclaré la secrétaire d’Etat à l’écologie. « Certains Etats ont demandé la possibilité de pouvoir déclarer un territoire sans OGM », a-t-elle poursuivi, sans préciser de quels Etats il s’agissait et comment il fallait procéder concrètement pour cela.

Par ailleurs, l'ONG environnementale Greenpeace demande à l’Europe de « se libérer des OGM », en améliorant l’indépendance et la transparence du processus d’évaluation, la prise en compte des éléments scientifiques apportés par les autorités compétentes des Etats membres, la modification de la composition des agences chargés de l’expertise et la suspension de toutes les autorisations d’OGM jusqu’à ce que l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) ait acquis les capacités d’effectuer l’évaluation des risques environnementaux à long terme.