En bref :
Une présidence citoyenne
Trois ans après le non français au référendum sur le projet de Constitution européenne, « la Présidence française sera marquée par la réconciliation entre les Français et l’Europe » a indiqué Jean-Pierre Jouyet, jeudi 20 septembre, lors de la conférence de lancement de la vingt-sixième édition du RAMSES, le rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies publié par l’IFRI.
A l’image de ce qu’ont entrepris les Présidences allemande, portugaise et slovène, la France compte coordonner son programme avec ceux de la Suède et de la République tchèque, qui seront à la tête de l’UE en 2009.
Mettre l'accent sur la défense
Parmi les priorités de la France, l’Europe de la défense figure en bonne place. Saluant les progrès que le futur traité va permettre pour coordonner l’action extérieure de l’UE, le secrétaire d’Etat a insisté sur la nécessité de collaborer avec les Américains à travers l’Alliance atlantique pour développer la Politique européenne de sécurité et de défense (PESC).
« Il faut s’appuyer sur l’un pour développer l’autre » a-t-il insisté, tout en se félicitant du « succès » de la politique européenne de défense, pourtant encore aujourd’hui très timide étant donnée l’absence de réelle politique étrangère commune.
L'Union euro-méditérranéenne: un projet encore flou
Revenant sur le projet d’Union euro-méditerranéenne, sans toutefois donner de précision sur le contenu de ce partenariat, Jean-Pierre Jouyet a tenu à préciser que le recours à l’élargissement ne pouvait être « la seule réponse » pour assurer la stabilité des voisins de l’UE, préférant privilégier la politique de voisinage.
Les « nouvelles fondations » de la politique agricole commune et la réforme du budget de l’Europe, dont la France et l’Allemagne sont les premiers contributeurs nets, feront également partie des grands chantiers de la Présidence française.
Débloquer le partenariat avec la Russie
Le secrétaire d’Etat a également insisté sur la nécessité pour l’Europe de renouveler et de renforcer le partenariat avec la Russie. Il a regretté que les relations avec ce pays soient « bloquées par des problèmes alimentaires » avec la Pologne. En effet, depuis l’embargo sur la viande en provenance de Pologne décidé par la Russie, Varsovie refuse de signer un accord de partenariat et de coopération de grande envergure avec Moscou.
Réagissant aux accrocs, dont a fait écho la presse allemande, entre le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, Jean-Pierre Jouyet a reconnu que les relations entre les deux pays n’étaient pas toujours aussi douces qu’un « lit de roses ».
« La relation franco-allemande ne peut pas avoir le même rôle dans une Europe à 27, mais le caractère central et indispensable de celle-ci demeure » a-t-il déclaré, ajoutant que l’entente subsistait sur « un plan structurel ».
Créer un dialogue entre les responsables économiques et les autorités monétaires
Interrogé par le directeur de l’IFRI, Thierry de Montbrial, sur l’opportunité de la croisade menée par Paris contre la Banque centrale européenne, alors même que l’ensemble des Etats membres approuvent son indépendance et son action, Jean-Pierre Jouyet a diplomatiquement répondu que le dialogue entre les responsables économiques et les autorités monétaires « dans les cadres les plus confidentiels possibles n’était pas absurde ».
« Est-il nécessaire, pour réconcilier les Français avec l’Europe, de prendre le risque de brouiller la France avec ses partenaires? », s’est enfin interrogé Dominique Moïsi (IFRI).
« Nous ne pourrons réconcilier les Français avec l’Europe que si nous sommes pro-européens » a répondu Jean-Pierre Jouyet, soulignant que la personnalité « énergique et dynamique » du chef de l’Etat avait permis à la France de trouver des points d’accord avec ses partenaires européens sur de nombreux sujets.



"La mobilisation du Feder est un exercice hautement technique"
"Nos partenaires chinois réagissent beaucoup à la pression"
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