Sur fond blanc, le drapeau européen est collé au drapeau français et le devance légèrement. En toile de fond une seule indication : UE2008.fr, du nom du site de la PFUE, lancé le même jour et qui explique l'identité visuelle du logo. Un site qui, une fois en ligne, sera l'unique vecteur de communication sur la PFUE du gouvernement français.

Deux drapeaux et un logo

Dessiné par Philippe Starck, l’emblème de la future Présidence française se veut « très simple, très visible », a expliqué Bernard Kouchner. « La France ne se dilue pas dans l’Europe, mais les deux ensembles expriment le meilleur », a-t-il ajouté. Tout en prenant soin de préciser qu’il n’y aurait pas « d’arrogance française » et que la France se réconciliait avec l’Europe. « Il était temps », a conclu le ministre, dont l’intervention n’a pas duré plus de deux minutes.

A l’image de la tonalité du discours du ministre des Affaires étrangères et européennes, la modestie semble être le nouveau mot d’ordre du côté des diplomates qui travaillent à la préparation de la future Présidence française. (Lire EurActiv.fr 29/01/08)

Entre les négociations sur le climat et l’énergie et la mise en œuvre du traité de Lisbonne, la Présidence française sera la plus chargée de l’histoire de l’UE, n’hésite cependant pas à dire un diplomate bruxellois.

En cause : la lourdeur de l’administration européenne. « Le nombre de pays et de commissaires n’a jamais été aussi important et le Parlement a obtenu plus de pouvoirs », explique-t-il. Tout en ajoutant qu’une accumulation de facteurs explique également cette situation.

La Présidence française coïncide en effet non seulement avec la fin du mandat politique de la Commission et du Parlement, mais également avec la fin du processus de ratification du traité de Lisbonne. 

L'énorme paquet énergie-climat

A cela s’ajoute une série de dossiers délicats, qui doivent tous être clos d’ici la fin de l’année. Le paquet « énergie-climat », présenté par la Commission européenne en janvier, est le premier d’entre eux.

Cette série de textes comprend une proposition de révision du système d’échange de quotas d'émissions de CO2 et une nouvelle directive sur les énergies renouvelables, deux dossiers qui impliquent d'âpres négociations sur la répartition de la charge entre les Etats membres de l’UE. Un dossier délicat notamment pour la France, qui refuse pour le moment de supporter un fardeau trop lourd en justifiant de son peu d’émissions de CO2 grâce à l’énergie nucléaire (Lire le dossier d'EurActiv.fr).

Le diplomate a souligné que l’énergie et le changement climatique suffisaient à eux seuls à occuper une présidence. La volonté du président français d’entamer les discussions sur la politique agricole commune lors de la Présidence française ne va pas simplifier la tâche de le France.  

Le référendum irlandais dans tous les esprits

Le résultat du référendum irlandais le 12 juin prochain aura sans aucun doute des répercussions considérables sur le calendrier de la PFUE. 

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a évoqué le sujet lors d’une conférence au think tank bruxellois European Policy Centre, le 26 mai. Si le processus se poursuit normalement, la France aura à cœur de terminer le travail préparatoire, qui a commencé dans le cadre de la Présidence slovène.

Dans l’hypothèse où l’Irlande rejetterait le traité, M. Kouchner a fait savoir qu’il n’y aurait pas de plan B, reprenant ainsi la position officielle de la Commission européenne. 

En pratique, il sera néanmoins indispensable de trouver une solution si le traité est rejeté. Les dirigeants européens devraient alors en discuter lors du Sommet des 19 et 20 juin prochains, à la veille de la Présidence française.

Le travail de suivi sera ensuite mené par la France, en plus de son agenda chargé. M. Kouchner a précisé que la France était consciente de sa responsabilité quant à l’entrée en vigueur de ce nouveau traité. « Nous concentrerons notre énergie sur cet objectif », a-t-il indiqué.