« La République tchèque a fait un très bon travail pendant la présidence. » C’est sans ironie aucune que Gunnar Lund, ambassadeur suédois en France, a tenu à féliciter la République tchèque, lors d’une conférence de presse organisée le 2 juillet. Le propos tenu tranche avec les critiques assénées par de nombreux observateurs à l’encontre de la prestation tchèque. Selon l’émissaire suédois, c’est « surtout en France » que les critiques allaient bon train. Pourtant, la survenance de problèmes politiques internes « peut arriver à n’importe quel pays », a-t-il ajouté.  

Son homologue tchèque, Pavel Fischer, a saisi la balle au bond. Chiffres à l’appui, il se lance dans la démonstration de l’efficacité de la présidence sortante. « Le Parlement européen a adopté 50 textes en codécision sous la présidence française et 49 sous la présidence tchèque », a-t-il assuré. Le ressenti global n’a pourtant pas été dans ce sens, car « nous n’avons pas su faire connaître les résultats obtenus ». La réputation controversée qui colle à l’image de la présidence tchèque viendrait du manque de «marketing politique », domaine dans lequel le pays aurait été « médiocre », concède l’émissaire.

C’est désormais la Suède qui donne suite aux travaux menés par la République tchèque. Outre les trois grandes priorités auxquelles la nouvelle présidence se consacrera (régulation financière, climat, questions institutionnelles), le pays souhaite définir une feuille de route qui comprendra les évolutions à donner au pacte de stabilité, à la stratégie de Lisbonne et à la croissance verte. Au moins un chapitre d’adhésion sera ouvert avec la Turquie, a également précisé l’ambassadeur suédois, assurant « qu’il n’y aurait pas de conflits » sur ce dossier, car les négociations se poursuivront « avec l’accord de l’ensemble des Etats ».

Rejetée lors du référendum de 2003, l’adoption de l’euro par la Suède n’est en revanche pas d’actualité. La question fait l’objet d’un débat « pas très intense », a précisé M. Lund. Malgré l’extrême volatilité de la couronne suédoise pendant la crise, aucun référendum ne sera organisé avant 2014. C’est une "triste anomalie", voire un "handicap" pour la Suède, car la fluctuation de la devise a « démontré les risques de rester en-dehors de la zone euro», a-t-il conclu.