La Présidence tchèque de l’UE a démenti les propos prêtés à son premier ministre en partance, mecredi 25 mars. Il a qualifié le plan de relance américain de «voie vers l'enfer». Le président américain Barack Obama est attendu à Prague le 5 avril pour un sommet transatlantique.
Revue de presse
EurActiv.com
Europe on 'autopilot' as Czech government fallsLe Figaro
Crise tchèque
«Non, il n’a pas dit cela» s’est défendu le vice Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, lors d’une conférence de presse, suite au discours de M. Topolánek au Parlement européen, mercredi 25 mars.
Bien que le gouvernement de M. Topolánek ait été renversé par le Parlement tchèque mardi 24 mars, le premier ministre reste à la tête de la Présidence de l’UE. Jusqu’à ce que le président nomme un nouveau chef de gouvernement (EurActiv.fr, 26/03/2009).
Selon un porte-parole de la Présidence tchèque, alors que M. Topolánek, avait recours aux services d’interprétariat, il a souligné que les Etats-Unis prenaient des mesures fiscales fortes pour lutter contre la crise économique. Il a ensuite déclaré que l’Union européenne serait engagée sur une «voie vers l’enfer» si elle renforçait ses propres dépenses fiscales, a ajouté le porte-parole.
La bourde
Le site de la Présidence tchèque de l’UE a publié un résumé de la déclaration de son premier ministre. Elle est toutefois quelque peu différente du discours original prononcé lors de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Des journalistes tchèques ont également confirmé que les traducteurs du Parlement européen n’avaient rien à se reprocher.
La presse internationale a traduit le discours de M. Topolánek en ces termes : «Les Etats-Unis sont en train de répéter les erreurs des années 1930, l’octroi de larges subventions dans tous les domaines, une tendance protectionniste, et une campagne telle que "Achetez américain etc…" (…). Toutes ces mesures, si elles sont combinées et durables, sont une voie vers l’enfer.»
Il ne s’agit pas de la première fois que M. Topolánek commet une bourde devant le Parlement européen. En janvier, alors qu’il présentait les priorités de la Présidence tchèque de l’UE, le premier ministre avait provoqué un tollé en laissant entendre que l’actuel traité de Nice était meilleur que le traité de Lisbonne, que les dirigeants européens peinent à faire ratifier.
Les représentants américains se sont jusqu’ici refusés à tout commentaire sur les remarques de M. Topolánek. Le Financial Times a toutefois cité des diplomates européens qui se sont exprimés sur le sujet. Selon eux, il s’agit du plus extraordinaire dérapage d’un responsable politique à la tête des Affaires européennes depuis celui de Silvio Berlusconi en 2003. Ce dernier avait provoqué l’indignation en comparant le socialiste allemand Martin Schultz membre du Parlement européen à un nazi.
Sommet UE-US
M. Topolánek accueillera le président américain, Barack Obama, lors de sa visite à Prague le 5 avril. Cette visite se veut un symbole fort du partenariat transatlantique. Cependant, le président des Etats-Unis posera devant les photographes aux côtés d’un dirigeant affaibli, à la merci du président eurosceptique, Vaclav Klaus, seul à pouvoir nommer un nouveau premier ministre (EurActiv.fr 26/03/09).
Toutefois, M. Topolánek a indiqué toujours vouloir demander à M. Obama si les Etats-Unis maintiendraient leur volonté de construire un radar en République tchèque pour protéger le pays et ses alliés, contre de potentiels missiles en provenance de pays tels que l’Iran. Le projet était soutenu par l’ancienne administration Bush.
Selon M. Topolánek, fervent défenseur d’un tel radar, l’administration Obama n’a pas encore pris de décision finale sur le déploiement d’un système de défense antimissile en Europe.
Le plan n’a pas convaincu le Parlement tchèque, où le gouvernement n’a pas récolté les votes nécessaires à sa ratification, après que la gauche se fut opposée au projet fortement contesté par l’opinion publique.
Le 2 avril, quelques jours avant le sommet de Prague, les Tchèques représenteront officiellement l’UE au sommet du G 20 qui se tiendra à Londres. Lors de ce sommet, l’UE souhaite pousser à davantage de réglementation en vue de contenir les excès du marché qui ont conduit à la crise actuelle.
Les 3 et 4 avril, le sommet de l’OTAN réuniera également les Etats Unis et l’UE à Strasbourg et Kehl (Allemagne). Et l’Alliance atlantique invitera probablement la Croatie et l’Albanie à la rejoindre (Euractiv.fr 25/03/2009).
Pöttering soutient
Le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a exprimé son soutien à la Présidence tchèque, en dépit des problèmes internes que subit le pays.
«Nous avons pris note de la situation politique nationale de la République tchèque. Au nom de tous les membres du Parlement, je voudrais dire que cette situation ne devrait pas affecter le travail de la Présidence tchèque. Au contraire, nous devons faire en sorte que le travail continue. Nous soutenons le premier ministre tchèque, président du Conseil européen, dans ses efforts visant à ce que la Présidence tchèque soit un succès», a-t-il déclaré.
Mais il a également appelé Prague à ne pas abandonner la ratification du traité de Lisbonne.
«Je souhaite —et espère pouvoir le souhaiter au nom de tous— encourager le président du Conseil européen, pour que dans son pays, de même que dans tous les pays dans lesquels le travail reste à accomplir, le processus de ratification du traité de Lisbonne continue. Cela fait presque 10 ans que nous travaillons sur ce traité, depuis la déclaration de Nice. Et nous souhaitons que les difficultés restantes soient surmontées de telle sorte que le traité puisse entrer en vigueur début 2010. Nous avons besoin du traité de Lisbonne pour plus de démocratie, plus de capacité d’action au niveau de l’UE et plus de transparence», a-t-il conclu.
(EurActiv.com avec Reuters)
CONTEXTE:
Suite au vote de la motion de censure du gouvernement de Mirek Topolánek (centre-droit), mardi 24 mars, des analystes ont déclaré que l’Europe est désormais en «pilote automatique» (EurActiv.com 25/03/09). La République tchèque occupe actuellement la présidence tournante de l’UE.
A la suite du vote, le premier ministre tchèque, qui doit maintenant remettre sa démission, a tenté de se montrer rassurant quant au fait que le vote n’aurait pas d’impact sur la Présidence de l’UE.
M. Topolánek a indiqué que des élections anticipées devraient avoir lieu au cours de l’été, si aucun accord sur un nouveau gouvernement n’est conclu d’ici là. Il a indiqué souhaité former un gouvernement et qu’il n’accorderait pas son soutien à un gouvernement d’experts.



Réagissez