La politique commerciale actuellement menée par l'UE n'est pas suffisamment cohérente et ne s'est pas adaptée à la mutation du système commercial mondial, estime l'Union des industries textiles. Le syndicat professionnel souhaite ainsi que la Présidence française de l'UE pose les bases d'une réforme de la politique commerciale, qui viserait à mieux protéger l'Europe dans la mondialisation et à renforcer ses liens avec la Méditerranée.
L’industrie textile, constituée majoritairement de PME et située aux avant-postes de la mondialisation, est bien placée pour apprécier les mérites et les limites de la politique commerciale actuelle de l’Union européenne. Ses propositions font écho aux priorités affichées pour la Présidence française de poser les bases d’une Europe qui se protège mieux dans la mondialisation et de renforcer les liens entre l’UE et la Méditerranée.
Diagnostic:
Cette politique commerciale repose sur plusieurs principes qui entrent actuellement en contradiction les uns avec les autres. L’UE martèle sa volonté de poursuivre sur la voie du multilatéralisme, tout en s’efforçant de conclure des accords de libre-échange bilatéraux et régionaux avec des partenaires commerciaux significatifs dans des délais courts et parfois irréalistes (Inde, Corée, ASEAN, Mercosur, Conseil de Coopération du Golfe).
Par ailleurs, elle mène avec les pays en développement (PED) une politique commerciale peu cohérente. Alors que les concessions faites aux pays les plus pauvres (PMA) n’ont produit que des résultats mitigés (« Everything But Arms »), les autres pays en développement bénéficient d’une politique volontariste d’aide au développement assortie de préférences tarifaires au travers du Système de Préférence Généralisé (SPG). Et les accords préférentiels conclus avec les pays du bassin méditerranéen arrivent bientôt à terme sans que le passage à une zone de libre-échange ne semble possible.
Deuxième constat : cette politique commerciale ne s’est pas adaptée à la phase accélérée de globalisation des échanges et à la mutation du système du commerce mondial. La crise des institutions multilatérales (FMI, Banque Mondiale, OMC…), la croissance spectaculaire des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), les pressions migratoires aux frontières de l’UE, le dumping social, environnemental et fiscal en recrudescence à l’intérieur de l’UE et de la part des pays tiers constituent autant de défis que l’UE doit encore relever.
Le secteur textile-habillement européen, qui réalise un chiffre d’affaires de 205 milliards d’euros et emploie plus de 2,5 millions de salariés, a dû faire face simultanément à l’entrée de la Chine dans l’OMC (le 1er janvier 2002), au démantèlement des quotas OMC (1er janvier 2005), à l’explosion de la contrefaçon et de la copie de marques, dessins et modèles
(30 millions de produits saisis en 2006 aux frontières de l’UE), à la concentration de la distribution et à l’augmentation des coûts de production du fait de l’élévation continue des standards sociaux et environnementaux.
Une réforme radicale de la politique commerciale s’impose afin de pouvoir conserver une plateforme manufacturière dans l’UE, des emplois qualifiés et non qualifiés dans l’industrie ainsi que des savoir-faire et des métiers indispensables au développement des industries du luxe (France et Italie détiennent les ¾ des marques mondiales de luxe).
Solutions envisagées:
Cette réforme se traduirait par :
- la reconnaissance formelle d’un lien entre l’agenda externe de l’UE et l’agenda Marché Intérieur au niveau du Collège des Commissions et des Directions Générales (par exemple sous la forme d’un test de compétitivité préalable pour toute décision de politique commerciale),




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