«Ce rêve est en train de devenir réalité.» A l’issue des quatre heures du Sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM), le président français, Nicolas Sarkozy, ne boude pas son plaisir. Pendant une journée, il a rassemblé 42 chefs d’Etat et de gouvernement, réuni des pays a priori hostiles les uns aux autres autour d’une même table (Israël-Autorité palestinienne, Syrie-Liban, Israël-Liban,...), et suscité une impressionnante agitation médiatique. 600 journalistes de la presse internationale étaient là.
Et pourtant, l’UPM n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Comme prévu, Nicolas Sarkozy, Hosni Mubarak et leurs homologues ont projeté, «dans un premier temps», de concentrer l’Union autour de six projets: dépollution de la Méditerranée, autoroutes de la mer et autoroutes terrestres, protection civile, plan solaire méditerranéen, université euro-méditerranéenne, initiative méditerranéenne de développement des entreprises.
Mais lors du sommet, les discussions politiques semblent avoir pris le pas sur les discussions techniques, renvoyées à la réunion Affaires étrangères d’Euromed, qui se tiendra à Marseille les 3 et 4 novembre prochains. A peine la Slovénie a-t-elle eu le temps de proposer d’accueillir l’université euro-méditerranéenne.
«Ce n'est pas l'argent qui manque, mais la paix»
«Ils parlent beaucoup de paix au Moyen et au Proche-Orient, mais pas de financement», note un diplomate. «Ce n’est pas l’argent qui manque. Ce qui manque, c’est la paix», a martelé Nicolas Sarkozy devant la presse.
Pourtant, les sommes à engager sont immenses. La dépollution de la Méditerranée est estimée à 2 milliards d’euros. Et sur ce point, la déclaration commune signée par les chefs d’Etat et de gouvernement à l’issue du sommet est plutôt mince. La participation du secteur privé sera «privilégiée», précise l’article 29.
D’autres acteurs sont également appelés à participer à ces financements.
Le texte adopté mentionne, en vrac, les contributions du budget de l’UE et de tous les partenaires, les contributions d’autres pays, d’institutions financières internationales et d’entités régionales; la facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (Femip), qui est en fait la branche «Méditerranée» de la Banque européenne d’investissement (BEI), l’enveloppe IEVP d’Euromed, «ainsi que les autres instruments applicables aux pays visés par l’initiative, pour lesquels les règles de sélection et de procédure habituelle resteront d’application.»
Rendez-vous en octobre
Mais le recours au budget de l’Union devrait être limité. Car demander des crédits communautaires supposerait une validation des projets par la commission du Parlement européen chargée du budget, ce qui reviendrait à allonger le processus d’allocation des crédits, et donc la mise en œuvre des projets.
«Nous allons particulièrement travailler sur trois projets", explique le président de la Femip et vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive, à EurActiv.fr. "Il s’agit du plan solaire, sur lequel nous allons travailler à la demande de la Grande-Bretagne, de la dépollution de la Méditerranée et de l’aide aux PME.»
Concrètement, la banque a déjà mis en place un groupe de pilotage sur la dépollution de la Méditerranée, en collaboration avec le Plan Bleu, qui émane du programme des Nations unies pour l’Environnement.
La BEI devrait soumettre ses propositions aux ministres européens de l’Economie et des Finances, réunis à Luxembourg le 7 octobre. Il appartiendra ensuite aux Etats membres de valider ou non les propositions de la BEI, et de lui donner un mandat spécial pour ces trois projets.
Prochains rendez-vous
- 6-7 octobre: Luxembourg: réunion de l'Eurogroupe, puis de l'ECOFIN
- 3-4 novembre: réunion de l'Eurogroupe et de l'ECOFIN
- 3-4 novembre: Marseille: Euromed-Affaires étrangères
- 6 novembre: Nice: Euromed Industrie
- 7 novembre: Maroc: Euromed Emploi




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