Diagnostic:
Les accords historiques sur le climat et l’énergie pris lors du Conseil européen du printemps 2007, pour réduire la consommation globale d’énergie primaire de 20% et augmenter la part des énergies renouvelables de 20% d’ici à 2020, contribueront, d’ores et déjà, à réduire les émissions de CO2 de l’UE de plus de 20% par rapport à 1990.
Dès lors, il est inacceptable que l’UE entame les négociations globales sur le climat qui s’ouvrent prochainement à Bali en défendant une réduction de seulement 20% de ses GES d’ici à 2020. En effet, lors de ce même Conseil de printemps, les chefs d’Etat de l’UE s’étaient engagés à réduire de 30% leurs émissions dans le cadre d’un « accord global satisfaisant » (sous-entendu incluant les Etats-Unis, l’Australie et les grands émergents). Ce qui revient implicitement pour eux à reconnaître qu’une baisse de seulement 20% est insuffisante.
De plus, le récent rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) indique, qu’afin de limiter le réchauffement global en deçà de 2 degrés d’ici 2100, seuil entériné par l’UE et les ONG, les émissions de CO2 doivent être globalement réduites de 50 à 85 % d’ici à 2050. Le WWF préconise une réduction de 80% en 2050 par rapport à 1990.
L’UE et les autre pays industrialisés ont une responsabilité historique, émettent plus de GES par habitant et sont plus riches que les pays en développement. C’est pourquoi ils doivent réduire leurs émissions plus rapidement : ils pourraient avoir à devenir neutres en carbone avant 2050 afin de laisser aux nations moins favorisées suffisamment de place pour se développer et s’industrialiser.
Un tel objectif n’est pas atteignable si l’UE négocie l’après 2012 sur la base d’une réduction de 20% en 2020. Une telle base serait même insuffisante pour être sur la voie d’une réduction des émissions des pays industrialisés de seulement 80% en 2050.
Solutions envisagées:
Lors des négociations, la France doit conduire l’UE vers des objectifs plus ambitieux à la fois en interne et aussi en tant qu’ambassadeur au sein du forum international des Nations Unies. La France doit entamer cette tâche dès maintenant afin que, pour la rencontre des Parties à la Convention Climat et au Protocole de Kyoto en Pologne, sous Présidence Française (COP14/MOP4), une Europe forte puisse présenter au monde un programme clair, réaliste et faisable en termes de trajectoire à la baisse des émissions.
Le WWF recommande fortement que l’UE adopte un nouveau plan de ‘Partage des Bénéfices’ avec l’ensemble des pays industrialisés, basé sur un objectif de réduction des émissions d’au moins 30% d’ici 2020 par rapport à 1990. Ces réductions doivent être fondées sur des politiques domestiques afin de lancer une économie sobre en carbone.
Le WWF a démontré dans un rapport comment l’UE peut réduire ses émissions de plus de 30% d’ici à 2020.
Des solutions existent parmi lesquelles : un renforcement du marché de droits d’émissions avec, pour sa 3ème période de fonctionnement, un plafond de quotas représentant une réduction des émissions des secteurs visés supérieure à 30%, des investissements de grande ampleur en faveur des énergies renouvelables, le captage et le stockage du carbone pour les centrales à charbon, un objectif d’économies d’énergie de 20% pour 2020 qui doit revêtir un caractère juridiquement contraignant, un renforcement des niveaux de performance énergétique dans le domaine de l’habitat, etc.
Afin de réduire les émissions mondiales de 80% en 2050, il est crucial d’accroître le financement vers les pays en développement afin de leur assurer un développement propre et de lutter contre les émissions liées à la déforestation. Cela peut se faire à travers l’utilisation de crédits carbones, conditionnés à des critères et des normes correctes – des projets certifiés « gold standard ». Les émissions évitées par ces crédits ne doivent pas amoindrir les efforts à réaliser à l’intérieur des pays industrialisés. Elles doivent s’ajouter à la réduction de 30% des émissions domestiques. L’objectif de ces pays pourrait alors être, par exemple, de réduire leurs émissions de 45%, au moins 2/3 de l’effort (soit 30% des réductions) étant fondé sur des politiques domestiques et le 1/3 restant (soit 15% des réductions) sur des crédits de pays en voie de développement.



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