Comment l'Europe va-t-elle se positionner face au nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama? Dans une étude publiée par la Fondation Robert Schuman, Justin Vaisse, Senior fellow à la Brookings Institution, est historien, spécialiste des Etats-Unis et de la relation transatlantique, se penche sur cette question.
Sans Amérique, pas d’Europe. C’est vrai au sens historique. C’est plus vrai encore au sens ontologique. Si l’on évoque plus spontanément ce lien en sens inverse, il reste que l’Amérique fait indissolublement partie de l’identité européenne dans l’imaginaire des Européens eux-mêmes, de façon consciente ou non, mais aussi dans les perceptions du reste de la planète, le regard des autres. Parfois, l’Europe est cette anti-Amérique qui se définit par opposition aux Etats-Unis, voire par rejet, et s’érige en contre-modèle. Parfois au contraire, elle est l’une des vraies jumelles du diptyque “Occident”, sa semblable, sa sœur…
On sait pourquoi le débat sur les frontières de l’Europe est si passionné : c’est qu’il engage la définition même de son identité ; bref, ce que nous sommes vraiment, nous autres Européens. De façon similaire, rien de ce qui se passe en Amérique n’est indifférent à l’homo Europeanus, surtout pas une élection dont dépend son avenir. Si l’Amérique est cet omniprésent miroir tendu à l’Europe, nul étonnement que les Européens se passionnent pour la présente campagne électorale, dans laquelle ils peuvent se regarder eux-mêmes, projeter leurs préférences et leurs fantasmes. Et nul étonnement, dès lors, que le candidat Barack Obama ait leurs faveurs, lui qui renvoie l’image d’une Amérique européenne, quand John McCain et, surtout, Sarah Palin offrent un miroir déformant qui leur renvoie l’image d’une Amérique exotique et inquiétante – après huit années de dissonance identitaire avec George W. Bush. (Source Fondation Robert Schuman)
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