La politique agricole commune (PAC) permet selon Michel Barnier, d’une part de défendre le modèle alimentaire européen et d’autre part de préserver une agriculture des territoires. "Nous tenons à notre modèle alimentaire", fondé sur la qualité, la diversité et la traçabilité ainsi que sur le refus d’une agriculture industrialisée ou aseptisée, a-t-il souligné. Aussi est-il déterminé à s’opposer à l’importation en Europe des poulets chlorés venant des Etats-Unis. "Les Américains ont leur modèle alimentaire mais cela ne nous oblige pas à l’importer chez nous", d’autant que le modèle européen ne coûte pas plus au travers de la PAC que 100 euros par an et par habitant.

Le bilan de santé de la PAC et les propositions de réforme de la Commission dont il est assorti ont déjà donné lieu à un début de négociations. Si le besoin d’adaptation et de rénovation de la PAC est incontestable encore faut-il selon Michel Barnier éviter le démantèlement de ses instruments "au nom du tout libéral". Reprenant une expression du Président de la République, il a indiqué, à propos du Farm Bill américain et ses dizaines de milliards de dollars d’aides agricoles, qu’il fallait se garder de toute "naïveté".

La réforme en cours vise essentiellement à rééquilibrer les aides, mais il ne faut pas aller vers un modèle industrialisé. La France compte proposer la création d’un système européen de gestion de crise, pris en charge par une partie des crédits de la PAC et le secteur de l’assurance. Il s’agirait de protéger l’activité et le revenu des agriculteurs et des pêcheurs qui ne bénéficient d’aucune assurance alors même qu’ils sont les plus exposés aux aléas, notamment climatiques et économiques.

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