Source: Union nationale des entrepreneurs du paysage
Auteur: Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage - UNEP
Dans une tribune publiée dans le cadre du Livre jaune d'EurActiv.fr sur les attentes des parties prenantes pour la prochaine mandature, l'Union nationale des entrepreneurs du paysage demande à l'Exécutif européen de mieux inclure les jardins et espaces vert dans la préparation des politiques publiques d'urbanisme.
« Think green first » : cette formule résume le message que je souhaiterais passer aux futurs commissaires européens.
L’urbanisation croissante nécessite de se réinterroger sur les relations Homme / nature et donc sur la place que les jardins et espaces verts doivent avoir dans les politiques publiques.
Du côté des habitants, l’apport des jardins et des espaces verts est plébiscité, si on en croit les différentes études réalisées par l’Institut IPSOS en France :
- 7 français sur 10 choisissent leur lieu de d’habitation en fonction de la présence d’espaces verts à proximité.
- Plus de 1 français sur 2 réclame que soit instaurée l’obligation d’un pourcentage minimum d’espaces verts dans les projets immobiliers et commerciaux.
Nos concitoyens ne considèrent plus seulement les jardins et espaces verts comme des lieux d’agrément aux valeurs esthétiques et patrimoniales. Ils suivent en cela les nombreuses études scientifiques qui attestent des bénéfices essentiels du végétal en termes de préservation de l’environnement (lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, gestion de l’eau), de création de lien social, d’apport positif pour la santé et de valorisation économique.
La réintroduction de la nature en ville
Plus qu’un défi, la réintroduction de la nature en ville est aujourd’hui une formidable opportunité que doivent saisir les élus : ils ne peuvent plus considérer les jardins et espaces verts comme des « produits de luxe » mais comme des « biens sociaux », éléments de santé publique. Ils doivent en faire la trame même de l’aménagement urbain, dès le stade de la conception, et mobiliser tous les moyens nécessaires pour leur entretien et leur développement.
Pour cela, il est nécessaire que toute opération d’aménagement soumise au code de l’urbanisme soit subordonnée à la réalisation d’une étude paysagère préalable menée par un architecte-paysagiste, dès lors qu’elle donne lieu à des constructions.
L’approche paysagère d’un projet prend en compte la maîtrise de l’étalement urbain, la gestion économe des ressources, la qualité des aménagements avec l’apport du végétal, notamment, et le maintien de la nature en ville. Elle permet de définir un cadre de vie de qualité pour les habitants, tel que cela est prévu dans la convention européenne du paysage ratifiée par la France le 1er juillet 2006.
Transposer la convention européenne du paysage
A cet égard il serait nécessaire de contraindre les états qui ont ratifié la Convention européenne du paysage afin qu’ils la transposent en droit national. Sans cela, la convention européenne du paysage restera une simple déclaration d‘intention.
Au cœur du tissu économique local, les 350 000 actifs des 75 000 entreprises du paysage travaillent au quotidien pour l’aménagement et l’entretien des jardins et des espaces verts en Europe.
En France les 20 000 Entreprises (92% ont moins de 10 salariés) créent régulièrement des emplois (2 400 en 2008 et 1500 sur le 1er semestre 2009). Fortement employeur de mains d’œuvre, le secteur atteint aujourd’hui en France 5 milliards d’euros de CA. Ces petites entreprises doivent être encouragées dans leurs initiatives (certification de service) et le secteur doit être soutenu dans les programmes d’expérimentations, de recherches et développement mis en place au sein de Plante & Cité, plateforme d’expérimentation du Pole de compétitivité Végépolys à Angers.
Profession où la formation et la valorisation des hommes est importante, il n’en demeure pas moins que les métiers d’aménagement et d’entretien des jardins et des espaces verts sont des métiers physiques. Le projet de directive relative aux troubles musculo-squelettiques (TMS) est intéressant mais élargir un concept médical à un concept juridique est dangereux. En effet, la notion pourra être sujette à interprétation diverses selon les tribunaux. Il est donc nécessaire de revoir ce projet en y associant des représentants nationaux du secteur du paysage.
Pensez vert aujourd’hui pour mieux vivre demain, tel est le leitmotiv que je suggère à nos futurs commissaires.
Emmanuel Mony, président de l'UNEP - Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage












