Malgré le consensus européen qui entoure le nouveau traité de Lisbonne, la ratification du texte d'ici fin 2008 sera difficile, estime le député européen Alain Lamassoure (PPE-DE), l'un des artisans de sa négociation.
En bref :
Responsable en grande partie de la négociation sur le Traité européen avant l’élection de Nicolas Sarkozy, le député européen français, Alain Lamassoure, est revenu à l’occasion d’une rencontre organisée par le bureau du Parlement européen à Paris, mercredi 22 novembre, sur le processus de ratification du texte.
Ratification
Après avoir été adopté par les Etats membres, le traité doit être signé le 13 décembre prochain. La prochaine étape importante est donc la ratification par les 27. « Il n’est pas sûr que toutes les ratifications puissent être effectuées avant la fin de l’année 2008 », estime Alain Lamassoure.
En cause, selon lui, non pas le refus des Parlements nationaux de le ratifier, mais la longueur des procédures. « Même en France, le délai est court, surtout si on souhaite le faire avant la Présidence française de l’UE. Il ne faut pas oublier qu’à partir du 9 février prochain, débutent des vacances parlementaires pour raisons d’élections municipales ».
Inquiétude belge
L’absence de gouvernement en Belgique depuis maintenant 160 jours pourrait-elle empêcher ce membre fondateur de l’UE de signer le futur traité, ce qui bloquerait tout le processus ?
« Je ne pense pas que les Belges en arrivent là. Ils peuvent trouver un moyen pour signer le texte, même sans gouvernement. Si ce n’était pas le cas, ce serait vraiment la fin de la Belgique », estime Alain Lamassoure.
Présidence française
Concernant la Présidence française de l’UE, que le gouvernement français prépare activement, le député a exprimé le souhait que « la France s’attèle plus à ouvrir des nouveaux chantiers importants que de poursuivre ceux déjà lancés ».
Il a en effet rappelé qu’entre le dépôt d’un projet de directive et sa publication au journal officiel, plus de 22 mois s’écoulaient. « Ce qui va sortir pendant la Présidence française est donc déjà dans les tuyaux ».
Europe de la Défense
Revenant sur l’Europe de la Défense, qui figure parmi les priorités de la Présidence française de l’UE, Alain Lamassoure a plaidé pour plus de pragmatisme sur ce sujet problématique. « Aujourd’hui, seulement deux armées en Europe sont capables de mener des opérations de fortes intensités : les armées britannique et française. Ce sont donc deux pays clés, par lesquels il faut commencer ».
Mais les Britanniques, peu favorables à l’Europe de la Défense, font le jeu de Washington. Même si elle risque de ne pas plaire aux Français, une partie de la solution est évidente pour Alain Lamassoure: « il faut négocier l’Europe de la Défense avec Washington ».





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