Le vice-président de la Commission européenne, Jacques Barrot, et le commissaire européen désigné aux Transports, Antonio Tajani, ont chacun fait face à trois heures d’interrogatoire au cours d’auditions séparées au Parlement européen le 16 juin. M. Tajani devait répondre aux questions les plus difficiles, notamment en ce qui concerne l’affaire de l’aide d’Etat consentie à Alitalia.
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Contexte:
Les auditions ont été organisées à la suite de la démission de l’ancien commissaire italien à la Justice, à la liberté et à la sécurité, Franco Frattini, devenu ministre des Affaires étrangères du troisième gouvernement de Silvio Berlusconi. Le premier ministre italien a nommé son protégé Antonio Tajani au poste de commissaire, mais le président de la Commission, M. Barroso, lui a attribué le portefeuille des Transports, géré précédemment par le commissaire français Jacques Barrot. Remplacer Franco Frattini peut être considéré comme une promotion, le poste occupé jusqu’à présent par l’Italien étant considéré comme l’un des plus importants du collège des commissaires.
L’initiative de M. Barroso a été largement perçue comme une tentative visant à enlever le portefeuille de l’immigration à M. Tajani en raison des mesures controversées prises dans le domaine de l’immigration par le gouvernement de M. Berlusconi. En outre, M. Tajani est soupçonné d’avoir été impliqué dans l’affaire de l’aide d’Etat consentie à Alitalia.
Enjeux :
Comme prévu, l’audition de M. Tajani n’a pas été un long fleuve tranquille. Les eurodéputés ont en effet questionné le futur commissaire sur son intégrité dans l’affaire Alitalia. (EurActiv 09/05/08).
M. Tajani défend l’indépendance
Interrogé sur la façon dont il a prévu de garantir son indépendance envers le lobby de l’industrie des transports, le commissaire a répondu : « Je ne céderai à la pression d'aucun lobby ». En ce qui concerne l’enquête de la Commission relative à un prêt du gouvernement italien d’un montant de 300 millions d’euros consenti à Alitalia, M. Tajani a souligné qu’il n'y avait « pas de différence entre Alitalia et une autre compagnie ». Il a ajouté que sa nationalité italienne ne l’empêcherait pas d’être l’un des gardiens du respect des traités. Il a également indiqué qu’il avait déjà commencé à enquêter sur les infractions des règles en matière d’aides d’Etat.
M. Tajani a proposé de mettre en place un système de contrôle du trafic aérien plus centralisé, au lieu des 27 centres de contrôle nationaux actuellement en place, une étape cruciale dans le domaine de la réduction des émissions de CO2 du secteur. Il a également affirmé qu’il appuierait l’introduction d’un système moderne permettant de détecter les liquides dangereux dans les bagages des voyageurs et qui rendrait donc les limitations drastiques actuelles superflues.
Barrot : la protection des données est la priorité
Le vice-président de la Commission, Jacques Barrot, a du répondre à des questions plus politiques, notamment sur les prochaines étapes qui suivront l’échec du référendum irlandais. Il a déclaré que cet événement « reportait » essentiellement l’augmentation des pouvoirs du Parlement et que jusque là, l’Union devrait, selon ses propres termes, rester un « modèle » en respectant «le triangle que forment Liberté, Sécurité et Justice ». Il a également indiqué que, selon lui, le référendum était une voie de ratification du traité inappropriée.
Concernant ses priorités, il a insisté sur la lutte contre la discrimination et la protection des données, une question fondamentale dans les relations de l’UE avec les Etats-Unis. M. Barrot a également proposé de créer un système d’alerte rapide en cas d’enlèvement d’enfants ainsi qu’une initiative sur la protection des mineurs en cas de divorce. Au sujet de l’immigration, il a plaidé en faveur de l’intégration des immigrants légaux tout en renforçant les contrôles aux frontières extérieures.
Prochaines étapes:
- 18 juin : la désignation de MM. Barrot et Tajani aux portefeuilles de la Justice et de la liberté et de la Sécurité et des transport respectivement sera effective en fonction des votes en session plénière le 18 juin.













