En bref :
Une fois le traité de Lisbonne en vigueur, sera-t-il possible de répondre à la célèbre question de Kissinger qui demandait quel était le numéro de téléphone de l’Europe? Rien n’est moins sûr.
Lors d’un séminaire organisé par la sous-commission Sécurité et défense du Parlement européen sur « Les implications du Traité de Lisbonne pour la PESD», députés et experts académiques ont envisagé les divers problèmes de l’application concrète du traité en matière de politique étrangère et de défense européenne.
Des dispositions floues et confuses
Le Traité de Lisbonne reste flou en ce qui concerne la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Selon le directeur du European Policy Center (EPC), Antonio Missiroli, « beaucoup de zones grises subsistent », rapporte le Bulletin Quotidien Europe. Le chercheur estime donc qu’il faudra des négociations entre les Etats membres et les institutions européennes préalablement à toute application du Traité dans ce domaine.
« Dans l’accomplissement de son mandat, le Haut Représentant s’appuie sur un service européen pour l’action extérieure », indique le Traité de Lisbonne (article 13bis du Traité sur l’Union européenne). Les dispositions ne sont pas plus explicites que cela, puisque la taille et la localisation de ce service diplomatique européen ne sont pas précisées.
Qui représentera l’Union européenne sur la scène internationale ?
Le traité de Lisbonne crée un poste de Haut représentant pour l’Union européenne, qui fusionne la fonction de commissaire aux Relations Extérieures et celle du Haut représentant actuel. Pourtant, ce Haut représentant sera à la fois membre de la Commission et président du Conseil des Affaires Etrangères. Cette double casquette ne nuira-t-elle pas son efficacité ?
Quelles seront, en outre, les relations entre le Président de l’Union européenne (élu pour deux ans et demi), le Haut Représentant et le président de la Commission? Le Traité attribue aux deux premiers des compétences en matière d’action extérieure et de représentation de l’UE. Quant au président de la Commission, il a nécessairement un rôle diplomatique à jouer, les politiques communautaires comportant un volet extérieur.
Le président de la commission des Affaires institutionnelles du Parlement européen, Jo Leinen (SPD), propose donc de nommer les quatre personnalités (les trois citées ci-dessus plus le président du Parlement européen) en même temps, rapporte le BQE. Selon lui, le bon fonctionnement de ces nouvelles dispositions dépendra beaucoup des personnalités choisies. Les nommer « en paquet », et ce, après les élections européennes de juin 2009, pourrait donc permettre de garantir une certaine cohérence.
La France a cependant annoncé que le président de l’UE et le Haut représentant seraient nommés avant le 31 décembre 2008, afin que le traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur le 1er janvier 2009, s'il est ratifié. Les clarifications pourraient donc avoir lieu pendant la Présidence française, qui a consacré la défense comme l’une de ses priorités.



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