Avant ses auditions devant les groupes politiques du Parlement européen, José Manuel Barroso, a commenté ses « orientations politiques » pour les cinq prochaines années devant la presse, vendredi 4 septembre.
« Tout le monde m’a invité, même ceux qui sont contre moi », a déclaré M. Barroso, exprimant sa satisfaction de pouvoir s’adresser à tous les groupes politiques du Parlement lors de quatre auditions les 8 et 9 septembre.
Le président de la Commission européenne, seul candidat à sa succession, a insisté sur le fait qu’il allait au Parlement pour écouter et identifier les nouvelles idées à inclure dans son programme. Il a également souligné qu’il avait écrit le document de 49 pages lui-même, avec l’aide de collaborateurs.
Il a assuré ne pas être dogmatique, expliquant que l’histoire avait montré que des communistes comme Altiero Spinelli ou des conservateurs comme Baron Cockfield avaient richement contribué au projet européen.
M. Barroso a également insisté pour dire qu’il avait prouvé sa capacité à piloter la Commission comme un organe politique et non partisan. « Avec ma culture de leadership, que j’ai appliquée pendant cinq ans, vous n’avez jamais vu de dissensions au sein de la Commission, comme des libéraux contre des socialistes, ou des socialistes contre des chrétiens démocrates […] Parce que pour moi la Commission est le parti de l’Europe », a-t-il indiqué.
Pas au service des grands pays
Il a en outre déclaré que les critiques selon lesquelles il avait été trop conciliant avec les grands Etats membres étaient infondées, injustes et imprécises. « J’ai eu plus de batailles à mener contre les grands Etats membres que contre les petits », a-t-il affirmé.
Le succès le plus important est de loin le changement climatique
Sur ses succès à la tête de l’Exécutif européen, M. Barroso a indiqué sans ambage que le paquet énergie-climat arrivait en tête.
« Au moment présent, nous sommes en avance sur le reste du monde dans la lutte contre le changement climatique. C’était une proposition de ma Commission, et il n’a pas été facile de convaincre certains Etats membres, mais nous l’avons fait », a-t-il ajouté.
« Vous pouvez avoir une vision, mais vous devez essayer de l’atteindre de manière pragmatique, a expliqué M. Barroso, rappelant que Jean Monnet n’avait pas dit « Créons les Etats-Unis d’Europe » mais plutôt créons de la solidarité dans les industries du charbon et de l’acier. Avec le changement climatique et la sécurité énergétique, l’actuelle Commission faisait quelque chose de similaire, aux portes du 21ème siècle. »
Inquiétude quant au retard du traité de Lisbonne
M. Barroso a exprimé ses craintes à propos de la ratification retardée du traité de Lisbonne. Il a également évoqué la possibilité de proroger de manière temporaire le mandat de l’actuelle Commission qui s’achève le 23 novembre.
« Oui, je suis inquiet […] Si nous n’avons pas de clarté juridique, il existe la possibilité d’avoir une Commission intérimaire, et cela n’est pas bon. C’est pourquoi je pense que ce n’est pas une bonne idée de repousser les décisions dont nous pouvons nous occuper dès maintenant », a-t-il dit.
Selon lui, la stabilité institutionnelle de l’UE est particulièrement importante, notamment au regard de la Conférence des Nations unies qui doit se tenir à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 pour définir la deuxième phase du protocole de Kyoto sur le changement climatique.
« La Conférence de Copenhague est en décembre. Il s’agit de l’un des moments les plus importants des négociations mondiales de ces dernières années, et j’ai peur que la Commission n’y soit pas présente en pleine possession de ses compétences, d’un point de vue politique et même juridique. »
Un message pour l’Irlande
Le deuxième référendum irlandais sur le traité de Lisbonne est programmé le 2 octobre. M. Barroso a affirmé esperer que le peuple irlandais se rappellerait des efforts consentis par l’Europe pour l’aider à sortir de la crise économique actuelle.
« Bien que l’Irlande ne représente que 1 % du PIB de l’UE, le pays a reçu 15 % des réserves de la Banque centrale européenne afin de l’aider à respirer lors de la tourmente financière, a commenté M. Barroso. Si l’Irlande n’avait pas été un membre de l’UE et de l’eurozone, le pays serait maintenant en pleine banqueroute, comme l’Islande ».
« Avant cette crise financière, le premier ministre islandais m’a demandé si son pays pouvait devenir un membre de l’eurozone sans adhérer à l’UE, a rappelé M. Barroso, affirmant qu’il lui avait répondu que cela serait impossible avec les traités actuels de l’UE. »
L’Islande s’est finalement conformée à la procédure classique en soumettant sa candidature d’adhésion fin juillet.
CALENDRIER :
- 8-9 sept. : M. Barroso doit se présenter devant les groupes politiques du Parlement européen pour des auditions à huis clos.
- 10 sept. : Réunion des chefs des groupes politiques du Parlement européen pour décider de la date du vote en session plénière concernant la reconduction de M. Barroso.
- 16 sept. : Date provisoire du vote en plénière du Parlement européen sur M. Barroso.
- 2 oct. : Référendum irlandais sur le traité de Lisbonne.
- 23 nov. : Expiration du mandat de l’actuelle Commission




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