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La classe politique française critique la nomination d'Herman Van Rompuy

20.11.2009

Seuls les députés de droite se félicitent de la décision de nommer le premier ministre belge président du Conseil européen.

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A gauche et au centre, les réactions françaises ne sont pas tendres.

Le co-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit (Europe Ecologie), a quant à lui estimé : « l’UE a atteint le fond avec Van Rompuy».

François Bayrou (Modem), a regretté sur Canal + le choix d’Herman Van Rompuy : « choisi pour ne faire de l’ombre à personne ». Il a également déploré « cette manière de désigner le président européen … en secret ».

Pour l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, avoir désigné "un petit nouveau" est "une mauvaise décision".

"Un petit nouveau, même s'il est bien, il va lui manquer ce ressort", a-t-il déclaré sur France Inter, en regrettant aussi le choix d'une Britannique pour la diplomatie européenne. "L'idée de confier la diplomatie de l'Europe à l'Angleterre c'est-à-dire à un pays qui ne veut de diplomatie européenne en aucun cas, là on est dans la caricature", a-t-il estimé.

Selon le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis, "la main de Sarkozy et Merkel dans la désignation de Van Rompuy et Ashton a atteint son but: banaliser la présidence de l'Europe et le haut conseil aux affaires étrangères".

La députée socialiste française Marie-Noëlle Lienemann, a déclaré sur son blog :« Voilà la conséquence des grandes avancées du Traité de Lisbonne : un président inodore, incolore et sans saveur qui de fait incarne le plus petit dénominateur commun pour l'Union européenne. Le choix d'Herman Van Rompuy n'apporte aucun signe d'encouragement.

« Qui va se reconnaître, en France et en Europe, en M. Herman Van Rompuy, connu seulement en Belgique comme pourfendeur acharné des facilités linguistiques accordées aux francophones dans les communes de la banlieue bruxelloise? », a indiqué l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement dans un communiqué de presse.

Les souverainistes français ont également réagi sévèrement.

"Il n’y a pas grand-chose et en tout cas rien de bon à attendre de cet attelage baroque, qui souligne une nouvelle fois l’urgence qu’il y a à bâtir une Europe différente, celle des coopérations libres entre peuples souverains", a déclaré le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan. 

Seules les députés européens français UMP se sont félicités de la nomination du président. 

Le dirigeant belge "est quelqu'un de très respecté dans ce pays, qui a une vraie efficacité, une capacité de construire des consensus et c'est ça dont on a besoin à la tête du conseil des 27 chefs d'Etat et de gouvernement", a estimé Michel Barnier, en passe d'être nommé commissaire au marché intérieur.

Pour Rachida Dati, Herman Van Rompuy correspond "tout à fait au profil qui était recherché: un Européen convaincu qui n'a pas peur à la fois d'être volontariste et de trouver un compromis, lorsque c'est nécessaire."

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