Le Conseil européen, qui démarre cet après-midi, devrait indiquer une ligne à suivre à la suite du non irlandais au traité de Lisbonne. Si le débat sur l’avenir du texte suscite peu d’engouement parmi la classe politique française, le traité de Lisbonne a quoi qu’il en soit été ratifié par les Britanniques le 18 juin.

Documents officiels
Revue de presse
Agence France Presse
Le Royaume-Uni ratifie le traité de Lisbonne grâce au feu vert des LordsLe Figaro
Barroso remercie le Royaume-Uni
Contexte :
Le premier ministre, François Fillon, qui s’est adressé à l’Assemblée nationale, le 18 juin 2008, devant des rangs clairsemés a appelé à dépasser la paralysie de l’Europe provoquée par le non.
Reconnaissant qu’il n’y a pas de plan B envisagé pour l’instant, il a espéré qu’un consensus pourrait émerger lors du Conseil européen des 19 et 20 juin prochains.
La veille, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, avait exposé les priorités de la Présidence française de l’UE, qui commencera le 1er juillet, et s’était exprimé sur l’avenir du traité devant un parterre aux trois quarts vide.
De son côté, le président de la Commission européenne, M. Barroso, s’adressant au Parlement européen le même jour, a précisé que « le non de l’Irlande au traité ne doit pas signifier que l’Europe doit passer à la trappe ».
La présidence slovène a emboîté le pas à l’exécutif européen, déplorant le non irlandais mais appelant elle aussi à une poursuite de la ratification.
Enjeux:
Même si le cas irlandais ne sera pas l’unique objet des débats du Conseil européen, les chefs d’Etat et de gouvernement doivent trouver rapidement une issue à la crise pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’en 2005, après les non français et hollandais.
19 Etats ont déjà ratifié le Traité de Lisbonne. Au Royaume-Uni, le vote à la Chambre des Lords a finalement eu lieu hier soir. La chambre haute britannique a approuvé le texte après une longue après-midi de débat et s’est opposée à un amendement conservateur, qui proposait de repousser le vote au mois d’octobre afin d’éviter une ratification. Après le vote, le président de la Commission européenne a remercié le Royaume-Uni, dont le Parlement est le premier à ratifier le traité européen de Lisbonne depuis le “non” irlandais.
La République tchèque est le dernier Etat membre à susciter l’inquiétude des Européens.
Initialement hostile au projet de Constitution européenne, les Tchèques s’étaient rangés par la suite du côté du traité simplifié devenu traité de Lisbonne, après avoir obtenu certaines concessions, notamment en matière sociale.
Appelés à succéder à la présidence française de l’UE début janvier 2009, la République tchèque ne semble pas totalement opposée à la ratification du traité, mais rien n’est joué. Réputé pour son euroscepticisme, son président, Vaclav Klaus, est en effet fermement opposé au traité de Lisbonne, contrairement à son gouvernement. (EurActiv.fr 18/06/08)
Positions :
Devant l’Assemblée nationale le 18 juin, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé que le non irlandais était avant tout un non européen. Il a appelé à poursuivre le processus de ratification, puisque rien ne l’interdit « constitutionnellement »
Pour lui, l’Europe doit être un bouclier contre les effets négatifs de la mondialisation.
« Les Irlandais, je pense, ont voté non car nous vivons une phase difficile dans la mondialisation ».
Le député Jérôme Lambert (PS) a quant à lui dénoncé « un débat démocratique escamoté alors que la situation européenne exige que les attentes des citoyens soient justement considérées ».
Le chef de la délégation pour l’Union européenne à l’Assemblée Nationale, Pierre Lequiller (UMP), a plaidé pour que les Etats européens continuent à procéder au processus de ratification tel que prévu initialement. Il ne faut « pas se décourager, d’autant plus que la présidence française de l’Union tend vers la construction d’une Europe citoyenne grâce notamment au pacte européen de l’immigration et au dialogue énergétique », a-t-il ajouté.
S’exprimant sur la radio France-Info, mercredi 18 juin, l’eurodéputée et vice-présidente du Front National, Marine Le Pen, a indiqué qu’après le non irlandais, le traité était « mort et enterré ».
Le même jour un débat a eu lieu au Parlement européen.
Le chef des députés européens de l’ALDE, Graham Watson, a appelé le Conseil européen à se focaliser sur des thèmes plus proches des citoyens comme le réchauffement climatique, tout en exhortant « ceux qui veulent ratifier le traité de continuer à le faire ».
Le chef de la Gauche Unitaire au Parlement européen, Francis Wurtz, a invité le Conseil européen à éviter « toute forme d’arrogance contre le peuple irlandais, qui n’a fait qu’exercer son droit démocratique ». Il n’a en revanche pas précisé de scénario pour la sortie de la crise.



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