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Accueil - Institutions

"Dramatiser" les débats de l'UE pour intéresser les citoyens à l'Europe

31.3.2009

Une prise de conscience d’un « besoin d’Europe », plus de clivages droite/gauche au Parlement européen et des ressources propres, tels sont les réformes à entreprendre pour intéresser les citoyens aux enjeux européens.

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« Le Parlement européen – facteur de démocratisation et d’influence » a été l’un des thèmes débattu lors du colloque intitulé « besoin d’Europe », organisé par le Nouvel Observateur en partenariat avec le think tank Notre Europe, lundi 30 mars.

L’ancien président du Parlement européen, Joseph Borell Fontelles, l’eurodéputée Evelyne Gebhardt, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, l’europarlementaire slovène Alojz Peterle, et l’ancien premier ministre Belge, Guy Verhofstadt ont évoqué cette question dans la perspective du scrutin européen du 7 juin.  

Introduisant le débat M. Borell Fontelles est revenu sur la nécessité de promouvoir un « démos européen », c’est-à-dire « une conscience populaire » d’un « besoin d’Europe ». Alojz Peterle a fait le même constat : un « esprit européen manque ». « Nous avons besoin de plus d’Europe », a-t-il ajouté.

Pour l’ancien président du Parlement européen, intéresser les citoyens à l’UE et les encourager à aller voter aux élections européennes demande d'introduire « un certain dramatisme dans la politique européenne », c’est-à-dire, de médiatiser les débats du Parlement européen. Cela avait notamment été le cas en 2004 lors du refus de l’investiture de Rocco Butiglione au poste de Commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures (le Parlement avait apposé son veto à la nomination de ce commissaire pour ses propos homophobes, ndlr).

Cette dramatisation passe également par la création d’une opposition « droite/gauche » au sein de l’hémicycle strasbourgeois.

Une seconde solution a été proposée par l’ancien premier ministre Belge, celle de donner « des ressources propres » à l’UE sur lesquelles les députés européens auraient un droit de vote. « Une incroyable poussée » serait alors donnée, selon lui, « à la démocratie européenne ».  Lorsque « les citoyens sauront que le Parlement prend des décisions sur leurs sous ils seront intéressés », a-t-il ironisé. Par ailleurs, la création d’impôts au niveau européen « limitera les bagarres entre les avares du Conseil européen », a-t-il lancé, évoquant la difficulté des 27 à se mettre d’accord sur les perspectives financières de l’UE et les contributions de chaque Etat membres au budget communautaire.

Jean-Pierre Jouyet a déclaré partager l’idée de M. Verhofstadt, selon laquelle « la démocratie européenne » passe par la création « de ressources européennes ». « Un impôt européen » sur les sociétés ou lié à la protection de l’environnement devrait notamment permettre de développer « une politique économique cohérente et coordonnée au niveau européen ». En ce sens Guy Verhofstadt a pointé du doigt la faiblesse du plan de relance européen. Pour lui « un plan crédible » aurait dû passer par le déblocage de ressources européennes. Le plan de relance européen représente 200 milliards d’euros dont seulement 30 milliards proviennent de ressources propres à l’UE.

Pour Mme Gebhardt au contraire, s’il faut « plus de fonds propres », une telle décision ne passera qu’après l’élaboration « d’une politique économique commune » donnant des indications sur « comment les dépenser ». Par ailleurs, les eurodéputés doivent « travailler à ce que les citoyens disent non plus vous (les députés européens, ndlr) mais « nous » lorsqu'ils evoquent l'Europe, a-t-elle conclu. 

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