« La famille écologie », expression utilisée par les têtes de listes d’Europe Ecologie pour définir leur rassemblement, affichait son unité dimanche 15 mars.

La convention nationale du rassemblement des écologistes français pour les européennes, Europe Ecologie, s’est tenue devant plus de 800 militants, selon les organisateurs. Mené par le député européen Daniel Cohn-Bendit, Europe Ecologie réunit les altermondialistes, les verts, les amis de Nicolas Hulot, et d' anciens dirigeants d’ONG environnementales.

Selon « Danny le vert », qui revient dans l’hexagone pour mener campagne en Ile-de-France, le rassemblement de « la famille écologie » est réussi. Si celle-ci a pu avoir « pour tradition de se diviser, face à l’urgence (de la crise économique, ndlr) elle a su réagir pour répondre présent », a-t-il souligné.

Une satisfaction partagée par la première secrétaire des Verts français, Cécile Duflot, qui a confié que s’il « n’avait pas été facile de convaincre » l’ensemble des Verts de rejoindre Europe Ecologie, aujourd’hui c’était « une évidence ».

Pour la tête de liste de l’Est et ancienne directrice de France nature environnement (FNE), Sandrine Bélier, « les différences sont les principales richesses » du rassemblement. « Très fière de faire partie de cette grande famille écologie », la fondatrice du CRIIRAD et présidente du CRIIREM, Michèle Rivasi, qui mènera la liste du Sud-Est, a expliqué qu’il « fallait passer du milieu associatif à celui d’Europe Ecologie pour se faire entendre ».

Enfin, revenant sur ses désaccords passés avec José Bové, Daniel Cohon-Bendit a déclaré aujourd’hui « la carpe ne bouffe pas le lapin et le lapin ne bouffe pas la carpe ». « Tous ensemble on va y arriver!», s’est quant à lui écrié José Bové. Tandis que le député-maire de Bègles, Noël Mamère souhaite déjà marier l’europarlementaire à l’altermondialiste.

Un Bruxelles de l’emploi

Mais cette réunion a surtout été l’occasion pour Europe Ecologie de tenter d’esquisser son programme de campagne.

Principale proposition : demander à l’UE la convocation en urgence d’un "Bruxelles de l’emploi" pour faire face la crise économique et opérer « une conversion sociale et écologique de l’économie ». Un projet créateur, selon le mouvement, de 10 millions d’emplois en cinq ans. « Pour sortir de la crise, l’espace politique c’est l’espace européen », a martelé Daniel Cohn-Bendit.

Europe Ecologie souhaite également la mise en place d’un bouclier social européen, la création d’un salaire minimum à l’échelon communautaire et une nouvelle directive sur le temps de travail.

Quid des liens avec le parti Vert européen ? La députée européenne Hélène Flautre, tête de liste dans le Nord-Ouest, a indiqué que leur manifeste serait relayé par Europe Ecologie. Ce qui ne semble pas être l’opinion des Verts français, qui ont rejeté le texte le 18 janvier dernier. La secrétaire nationale, Cécile Duflot, ira à Bruxelles présenter les amendements de son parti, lors du congrès des Verts européens les 27 et 28 mars.

Le détail du programme de la campagne d’Europe Ecologie sera quant à lui révélé le 8 avril, lors du lancement officiel de la campagne à Toulouse.