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Il y a « urgence à agir », il faut « sortir l’Europe de sa paralysie actuelle » a déclaré Nicolas Sarkozy en visite à Berlin mercredi 16 mai. Multipliant les accolades et la célébration de l’amitié franco-allemande, le nouveau président de la République a déclaré qu’il souhaitait « aider [l’Allemagne] à trouver une solution à la crise » pour faire en sorte que le Sommet européen des 21 et 22 juin soit « un succès de la présidence allemande ». Angela Merkel espère parvenir à un consensus sur une feuille de route sur l’avenir du Traité constitutionnel à cette occasion. Pour cela, Nicolas Sarkozy juge indispensable que les deux pays « s’entendent ».

Le chef de l’Etat français propose l’adoption d’un traité simplifié reprenant le mécano institutionnel contenu dans l’actuel projet de constitution. La chancelière estime quant à elle nécessaire de préserver la substance du texte. « Les pays qui ont ratifié la Constitution, à l’instar du Luxembourg et de l’Espagne qui l’ont fait par référendum, n’accepteront pas que l’on vende par appartements le traité constitutionnel » a de son côté déclaré au quotidien Le Monde le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 17 mai.

La visite de Nicolas Sarkozy à Berlin intervient quelques jours après une réunion des « sherpas », le 15 mai à Bruxelles. Désignés par chaque Etat membre, ces représentants négocient de manière bilatérale avec Berlin sur l’avenir du Traité depuis plus de six mois. « La réunion s’est déroulée dans une bonne atmosphère mais les désaccords sont nombreux, sur la méthode à privilégier, sur la Charte des droits fondamentaux, sur la structure du nouveau traité, sur les symboles européens, sur la primauté du droit européen sur le droit national, ou le renforcement des pouvoirs d’intervention des Parlements nationaux » a ajouté le Premier ministre luxembourgeois dans son entretien avec Le Monde.

Par ailleurs, la stratégie adoptée par l’Allemagne dans les négociations sur l’avenir du Traité suscite quelquels interrogations. Angela Merkel n’a-t-elle pas choisi de montrer des désaccords avec Nicolas Sarkozy sur l’avenir du Traité lors de leur rencontre de mercredi en vue de préserver les susceptibilités des Etats membres encore rétifs à l’adoption d’un traité simplifié?

Depuis six mois, les positions de Berlin dans ce dossier ont en effet varié. Après le discours prononcé à Bruxelles par Nicolas Sarkozy en septembre dernier, dans lequel il proposait l’adoption rapide d’un traité simplifié, l’Allemagne s’était au départ vivement opposée à ce projet. L’entourage du nouveau président de la République affirmait pourtant qu’un accord avait été conclu en sous main entre les deux pays, l’Allemagne ne souhaitant pas se mettre à dos les Etats membres qui avaient ratifié le projet de traité avant le début des négociations. Petit à petit, Angela Merkel s’est finalement rapprochée de la ligne défendue par Nicolas Sarkozy. 

L’avenir du groupe EADS a également été évoqué par le nouveau président français mercredi à Berlin. Régler cette question est sa deuxième « urgence », a-t-il souligné. Ce dossier empoisonne les relations entre les deux pays depuis plusieurs mois. Au cours de la campagne électorale, Nicolas Sarkozy s’était prononcé pour une renégociation du pacte d’actionnaires du groupe aéronautique européen, suscitant des inquiétudes en Allemagne.