Debout la République (DLR), le parti dirigé par l’ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan, a présenté ses listes pour les élections européennes. Celles-ci devront s’autofinancer.
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L’Europe du général de Gaulle au menu des élections européennes de juin 2009. C’est le pari que semblent faire les partisans de Debout la République, qui estiment leur gaullisme trop souvent « méprisé » en France. Les idées du fondateur de la cinquième République se retrouvent en effet dans le programme de DLR.
Parmi les propositions de ce parti aux 10 000 adhérents figure notamment la suppression de la Commission européenne. L’institution actuellement seule dépositaire du pouvoir d’initiative législative au sein de l’UE serait remplacée par un secrétariat général responsable devant le Conseil. Le travail serait transféré à des agences, qui œuvreraient projet par projet (recherche, transport, énergie) et dont seuls les Etats qui le souhaitent seraient membres, à l’image de l’Agence spatiale européenne. Il faut « passer d’une Europe à 27 bloquée, à une Europe à la carte avec un système d’agence simple », explique Nicolas Dupont-Aignan. Les financements seraient directement liés à l’investissement des Etats dans chaque agence.
« C’est une version réchauffée des propositions du général de Gaulle, notamment du plan Fouchet 1 présenté en 1961 et qui avait été retoqué par nos partenaires européens de l’époque », explique Frédéric Allemand, chercheur à la Fondation pour l’Innovation politique. C’est une vision de l’Europe intergouvernementale, qui correspond à la coopération internationale traditionnelle et ne prend pas du tout en compte la notion de solidarité. »
Cette proposition de réforme institutionnelle sera incluse dans un plan B, du nom de l’alternative au projet de Constitution européenne promise en 2005 par les opposants au projet. Il a été rédigé par la tête de liste en Ile-de-France de DLR, le professeur de droit constitutionnel Anne-Marie Le Pourhiet.
Outre une réforme institutionnelle qui devrait, selon DLR, être adoptée par tous les Européens le même jour et par référendum, Nicolas Dupont-Aignan se dit favorable à un « protectionnisme européen intelligent », car aujourd’hui « le match est truqué ». L’ex-UMP plaide également pour une Europe, « qui ne se mêle pas de la vie quotidienne des Français, qui n’impose pas les OGM, respecte les qualités de vie ». Son programme prévoit enfin l’interruption des négociations d’adhésion avec la Turquie.
Comme il l'avait déjà fait lors de la présentation de ses voeux à la presse (EurActiv.fr 13/01/2009), Nicolas Dupont-Aignan ne s'est pas privé de critiquer les autres partis politiques responsables, selon lui, d'avoir rendu l'Europe "malade", et ne peuvent donc aujourd'hui être crédibles dans leur volonté de changement, puisqu'ils ont "signé tous les traités depuis 20 ans".
Les listes de DLR sont composées de fidèles de Nicolas Dupont-Aignan, à l’instar d’Elisabeth Laithier, deuxième de liste dans la circonscription de l’Est, mais également de transfuges de l’UMP, comme Michèle Vianès, tête de liste en Rhône Alpes ou du MRC, comme Christine Tasin, deuxième de liste dans l’Ouest.
Côté financement, DLR fait appel à ses potentiels élus. Chaque liste devra en effet s’autofinancer à hauteur de 100 000 euros. Les 600 000 euros restants, nécessaires à la campagne, pourraient être financés grâce aux dons recueillis par le biais du site internet de DLR. Une campagne intitulée « 5 euros pour changer d’Europe », vient d’être lancée par le mouvement.













