Le Premier ministre italien Romano Prodi et le président français Nicolas Sarkozy se sont rencontrés à Paris, lundi 28 mai, à moins d’un mois du Sommet européen de juin. Malgré leurs divergences sur le contenu du Traité, les deux hommes ont montré une volonté commune de trouver un terrain d’entente sur la relance institutionnelle de l’Europe.
Revue de presse
Documents officiels
En Bref:
Nous sommes tous les deux « unis par une volonté commune de renforcer les institutions européennes » a déclaré Romano Prodi à l’issue de la rencontre. Le Premier ministre italien a ajouté que les discussions avec Nicolas Sarkozy sur un nouveau traité européen avaient « principalement porté sur ce que nous souhaitons y voir mentionner ». « Nous sommes entièrement d’accord sur les principaux points » a-t-il ajouté. « Ma priorité, comme celle du président Prodi, c’est la réussite de la présidence allemande et du Conseil européen des 21 et 22 juin. Qu’avons-nous à faire? Essayer de sortir du blocage institutionnel » a rappelé quant à lui le président français.
Les deux chefs de gouvernement sont favorables aux principaux changements institutionnels exposés dans le Traité constitutionnel : réforme des règles de vote, augmentation du recours au vote à la majorité qualifiée, mise en place d’une présidence permanente de l’UE, création d’un poste de ministre européen des affaires étrangères.
Lors d’une visite au Parlement européen la semaine dernière, Romano Prodi avait néanmoins rappelé la volonté de l’Italie de ne pas accepter un traité qui se limiterait à une réforme des institutions.
Concernant l’idée d’une « Union méditerranéenne » évoquée par le président français, Romano Prodi a indiqué : “Je vous prie de ne pas penser que cette proposition que nous sommes en train de formuler pour une grande politique de la Méditerranée soit, de quelque façon que ce soit, un échappatoire pour résoudre le problème de nos relations avec la Turquie”. « C’est autre chose » a indiqué le Premier ministre italien. Cette nouvelle union proposée par Nicolas Sarkozy n’a pas été accueillie favorablement par Ankara qui y voit le refus de sa candidature européenne actuellement en cours de négociation. « Je tiens à ce projet. Il faut faire de la Méditerranée ce qu’on a fait il y a soixante ans en Europe », a insisté le président français. Nicolas Sarkozy doit débattre de sa conception d’une Union méditerranéenne lors d’une rencontre avec le premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero le 31 mai 2007.
Cette rencontre franco-italienne a également permis aux deux dirigeants de discuter des relations bilatérales entre l’Italie et la France, dernièrement obscurcies par certains dossiers économiques. Le projet de fusion GDF-Suez destiné à contrer les ambitions de l’électricien italien Enel sur Suez avait été très mal accueilli en Italie, tout comme la prise de contrôle par EDF d’Edison la deuxième compagnie d’électricité de la péninsule. Nicolas Sarkozy a fait part de sa « très grande volonté de surmonter les malentendus » pour faire naître des projets « italo-français et franco-italiens ».





Réagissez