En bref :

Lors de sa visite à Paris, lundi 8 octobre, le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a eu un entretien “extrêmement intense, ouvert et franc” avec Nicolas Sarkozy, selon les dires de l’invité.

Les deux hommes ont abordé la question de l’adhésion turque à l’Union européenne. Contrairement au président français, Mirek Topolanek y est favorable. Restant sur ses positions, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il “ne sera pas celui qui expliquera aux écoliers français que les frontières de l’Europe c’est la Syrie et l’Irak”.

Autre point de désaccord majeur entre les deux hommes : le bouclier anti-missile américain. En janvier dernier, Washington a annoncé son intention d’installer deux bases de ce dispositif en Europe : l’une en Pologne et l’autre en République tchèque.

Selon Mirek Topolanek, surpris des réactions hostiles de ses partenaires européens, l’Union européenne n’a rien à voir là-dedans. “Il s’agit de questions bilatérales, il s’agit de questions de l’OTAN et il faut donc intégrer cette question dans le cadre de l’OTAN”. La France n’est pas de cet avis et considère que cette décision “a des implications pour la sécurité européenne et donc nous concerne tous”. Les deux pays prévoient de poursuivre leurs discussions à ce sujet.  

Le futur traité européen a bien entendu été au cœur du débat. Les deux pays sont évidemment d’accord sur la nécessité pour l’Union européenne d’acquérir des institutions “stables”. Mirek Topolanek estime qu’il faut “retirer l’Europe aux bureaucrates” pour la “redonner aux citoyens”.

Autre point de convergences entre les deux pays, le comité des sages voulu par la France est accueilli faborablement par la République tchèque.

Enfin, les Présidences française et tchèque de l’UE ont été évoquées par les deux hommes. Prague prendra le relais de la France au premier semestre 2009. Afin de donner une continuité à ces alternances, les pays essayent de coordonner leurs priorités et leurs actions.

Si la France compte placer sa Présidence sous le signe de “l’Europe protection”, le futur slogan de la Présidence tchèque est “’Europe sans frontières” et devrait s’articuler autour de trois axes : compétitivité, libération, dérégulation.

Dans un discours à l’ambassade de France à Prague, le 20 septembre dernier, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a déclaré vouloir “développer un partenariat stratégique avec la République tchèque”, en particulier dans tout ce qui a trait à l’énergie. Il a aussi demandé à “nos amis tchèques de se rallier” au combat “contre le réchauffement climatique qui sera, sur le moyen terme, une des grandes priorités de l’Europe quels que soient les pays qui auront à assumer la Présidence”.