A l’occasion d’un Conseil européen extraordinaire qui se tient aujourd’hui (19 novembre) à Bruxelles les chefs d’Etat et de gouvernement vont nommer le premier président stable de l’UE et le premier Haut représentant pour les Affaires étrangères. Cet article réalisé par les 10 publications du réseau EurActiv montre cependant le peu d’intérêt des citoyens pour le sujet.
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- Van Rompuy favori pour la présidence du Conseil européen (02.11.2009)
- Paris et Berlin défendront un candidat commun au poste de président du Conseil européen (30.10.2009)
- Jean-Claude Junker est candidat à la présidence de l’UE (27.10.2009)
- Le premier ministre néerlandais se verrait bien président de l’UE (29.09.2009)
- Le "Traité de Lisbonne" (16.07.2007)
En Allemagne, le plus grand Etat de l’Union européenne, les médias et le grand public estiment que les représentants des petits Etats obtiendront les principaux postes récemment créés.
Berlin et Paris soutiendraient Jean-Claude Juncker
Les Allemands pensent en outre que les chances pour un candidat britannique d'accéder à l’un des postes sont également nulles. Le refus du Royaume-Uni d’adopter la monnaie unique leur apparaît rédhibitoire. En outre, ils seraient favorables à la candidature de deux germanophones : le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, et l’ancien chancelier autrichien, Wolfang Schüssel.
Quant aux Français, la décision du président Nicolas Sarkozy de nommer Michel Barnier commissaire européen a mis fin aux bruits concernant l’entrée en lice d’un socialiste pour le poste de Haut représentant. La rumeur citait Hubert Vedrine et Elisabeth Guigou.
De fait, l’élection à ces nouveaux postes européens semble peu intéresser les Français. Seule l’attribution potentielle de la présidence à une femme suscite encore quelques curiosités. La Fondation Robert Schuman, think tank sur les affaires européennes, a même lancé une campagne pour soutenir la candidature de l’ancienne présidente lettone Vaira Vike-Freiberga au poste de présidente du Conseil européen.
L'Allemagne et la France ont indiqué qu'elles soutiendraient des candidats communs. Or l'Allemagne semble soutenir le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker au poste de Président.
Herman Van Rompuy laisse la Belgique perplexe
La course aux postes en vue a passionné la Belgique, au moment où son premier ministre, Herman Van Rompuy, était désigné comme le « candidat le plus consensuel» (EurActiv.com 02/11/09). Mais le silence et l’immobilité d’Herman Van Rompuy, en dehors d’un diner organisé à Bruxelles avec le très secret groupe Bilderberg, ont conduit de nombreux belges à hésiter : peut-être serait-il dans l’intérêt du pays qu’il reste dans sa position actuelle?
Herman Van Rompuy a la réputation d’un habile médiateur, auquel les problèmes ne résistent pas. Cette aura repose sur son action dans le contexte politique difficile entre les communautés belges. Cependant, il n’a toujours pas achevé la réforme de la Constitution, ni le rééquilibrage des pouvoirs censé éviter l’aggravation des tensions entre Flamands et Wallons, voire la partition de la Belgique.
Le dîner avec le groupe Bilderberg a fait mauvaise impression sur une partie des citoyens belges. Certains y ont lu que ce groupe, composé de plusieurs PDG de multinationales, choisissait finalement le dirigeant de l’Europe.
Blair divise l’opinion britannique
Au Royaume-Uni, le nom de Blair a été un catalyseur formidable de l’intérêt des Britanniques. Le paradoxe est que la plupart d’entre eux ne veulent pas qu’il obtienne le poste. A en juger par les blogs et autres forums internet, deux catégories des ennemis de Blair semblent avoir uni leurs forces : d’un côté les eurosceptiques, de l’autre les militants contre la guerre en Irak.
La candidature potentielle du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, David Miliband, à la fonction de Haut représentant a stimulé l’engouement pour la campagne, avant qu’il ne décline cette possibilité. Mais ce regain d’intérêt était uniquement fondé sur son départ éventuel de la scène politique nationale.
En Irlande, l’intérêt mitigé pour la course à ces nouvelles fonctions a été analysé comme la réponse au battage exercé lors du second référendum sur le traité de Lisbonne. Les thèmes relatifs à l’UE ont été largement couverts pendant la campagne. Aujourd’hui, même si les médias d’excellence ont manifesté quelque intérêt pour la présidence européenne, la presse populaire a très peu relayé le sujet.
Désintérêt à l’Est
En Europe de l’Est les nominations des commissaires nationaux ont suscité un intérêt. Mais l'élection des nouveaux représentants de l'UE n’a pas passionné, selon les informations du réseau EurActiv.
Aucun débat n’a eu lieu dans les médias à ce sujet en République tchèque, le dernier Etat membre à avoir ratifié le traité de Lisbonne. Seuls les dépêches d’agences étrangères ont été traduites. Prague n’a pas non plus fait de déclarations officielles.
Lundi 16 novembre, juste avant le Conseil des ministres des affaires étrangères à Bruxelles, le ministre tchèque Jan Kohout s’est refusé à tout commentaire sur un éventuel soutien de la République tchèque. « Nous préférerions, bien sûr, obtenir un consensus dès que possible », s’est-il contenté de déclarer. « Nous ne pouvons en revanche pas écarter un possible report du sommet, voire sa réitération », a-t-il ajouté.
L’éditorialiste du puissant hebdomadaire tchèque Respekt, Jan Macháček, s’est plaint sur son blog de l’incapacité tchèque à soutenir un quelconque candidat. « La République tchèque veut-elle quelque chose ? Que voulons-nous ? Quelles alliances d’intérêts créons-nous ou contribuons-nous à créer? Où, quand et dans quel but faisons-nous équipe avec d’autres ? Sur quoi reculons-nous et sur quoi insistons-nous ? Personne ne sait, tout le monde s’en fiche et par conséquent, personne ne peut conjecturer », a déclaré Macháček à EurActiv République tchèque.
La situation est à peu près la même en Hongrie: la presse se contente de republier les dépêches d’agences comme Reuters ou AFP. Aucun débat interne n’a eu lieu, et la seule conférence organisée sur le sujet n’a pas eu de répercussions médiatiques.
Cité sur EurActiv Hongrie, le célèbre député européen hongrois Mátyás Eörsi, a jugé les dirigeants européens responsables de cette situation. « Les chefs d’Etat européens ne veulent pas de quelqu’un qui risque de leur faire de l’ombre », a-t-il expliqué, au sujet du désaveu du charismatique Tony Blair au profit de candidats moins connus.
Les médias traditionnels slovaques se sont également désintéressés de la course aux postes clés de l’UE, tout comme le grand public. Outre la conscience de son impuissance à peser dans la décision finale, l’indifférence personnelle supposée de la part du president Robert Fico pourrait expliquer ce détachement, selon EurActiv Slovaquie.
Président ou souverain ?
En Roumanie, toute l’attention s'est portée sur les élections présidentielles du 22 novembre. Le député socialiste Adrian Severin a cependant déclaré sa candidature au poste de Haut Représentant et obtenu la bénédiction du président de centre-droite, Traian Basescu.
« En résumé, la Roumanie se présente au sommet sans stratégie et sans le moindre consensus parmi les dirigeants », a ironisé sur EurActiv Roumanie le directeur du Centre roumain sur les politiques européennes, Cristian Ghinea.
En Bulgarie, tout intérêt pour les nominations à Bruxelles a disparu, après la décision de ne pas renouveler la commissaire Meglena Kuneva (ADLE) à son poste. Le nouveau gouvernement de centre-droite a en effet nommé une ancienne deputée européenne, Roumiana Jeleva.
L’idée de nommer l’ancien premier ministre, et Roi bulgare de 1943 à 1946, Simeon de Saxe Cobourg-Gotha, a finalement été abandonnée. C’est l’ancien ministre des Affaires étrangères de Simeon de Saxe Cobourg-Gotha, Solomon Passy, qui a fait vivre cette idée pendant plusieurs années. Son argument : l’expérience cosmopolite faisait de cet ancien roi « l’Européen parfait ».
Le site bulgare Mediapool tient un sondage en ligne. Les lecteurs peuvent voter pour six candidats: la présidente lettone Vaira Vike-Freiberga, le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, Tony Blair, Jean-Claude Juncker, et Herman Van Rompuy. Mardi 17 novembre, à la veille du sommet, Tony Blair était nettement en tête avec 39% des voix, suivi de Jean-Claude Juncker (23%), et de Fredrik Reinfeldt (14%). Tous les autres candidats, peu connus du grand public, étaient loin derrière.












