Devant la commission des Affaires européennes du Sénat, le commissaire européen en charge de l’Elargissement, Olli Rehn, a exposé, mardi 5 novembre, sa vision de l’élargissement de l’UE.

«Après des années de stagnation, c’est l’impulsion donnée par la perspective de progrès sur l’agenda européen qui a autorisé la conclusion la plus marquante de cette année: la recommandation d’ouvrir les négociations d’adhésion avec l’ancienne république yougoslave de Macédoine sur la base des réformes finalement entreprises», a-t-il déclaré. Il s’est également réjoui des dépôts de candidature du Monténégro, de l’Albanie et de l’Islande, et de la progression de la Croatie «dans la plupart des domaines».

Le commissaire européen a aussi évoqué la situation de la Bosnie. «Le pays doit être en mesure de se gouverner seul efficacement», a-t-il estimé. Concernant les négociations avec la Turquie, il a admis qu’elles avaient atteint «un stade plus difficile». «Il faut que la Turquie accélère ses efforts en matière de réforme», a-t-il souligné. Il a notamment évoqué les relations entre Ankara et Chypre. «[Elles] restent à normaliser», a-t-il ajouté. 

«Nouveau départ» avec la Russie

Mais au-delà des questions d’élargissement, celui dont le nom est évoqué pour devenir le premier ministre des affaires étrangères de l’UE, institué par le traité de Lisbonne, a livré aux parlementaires français un véritable programme pour le poste.

Aussi a-t-il estimé que la politique d’élargissement constituait un facteur de stabilité important en matière de politique étrangère. Il a notamment évoqué la «diplomatie intelligente» que vise à mettre sur pied le traité de Lisbonne, avec la création du Haut-représentant pour la politique étrangère et la sécurité également vice-président de la Commission européenne. «C’est au haut-représentant/vice-président, en tant que président du Conseil des Affaires étrangères, qu’il reviendra de trouver l’équilibre juste pour dégager des orientations politiques claires et ce, avec l’ensemble des Etats membres», a estimé Olli Rehn

Pour le commissaire finlandais, l’UE a non seulement besoin d’un «partenariat transatlantique fort», mais aussi d’un «nouveau départ avec la Russie». «Grâce à une telle politique d’engagement réaliste, doublée de patience, nous pouvons aider la Russie à devenir un partenaire plus prévisible et fiable à long terme, pour le bénéfice de l’Europe dans son ensemble».