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L’Irlande est le seul pays européen qui organisera un référendum sur le nouveau traité.

Malgré le sondage de l’entreprise d’analyse de marché Red C, menée du 25 au 27 février 2008, qui révèle une marge de deux contre un en faveur du traité (46% contre 23%), le nombre élevé d’électeurs indécis (31%) rend l’issue du vote public très incertaine.

Le scrutin devait avoir lieu le 29 mai, mais il sera probablement reporté au début du mois de juin, comme l’a annoncé le Premier ministre irlandais Bertie Ahern, lors de sa visite en Slovénie les 1er et 2 mars. A la suite des appels répétés des partis de l’opposition, qui souhaitent que ce point soit clarifié, M. Ahern devrait annoncer la date du référendum dans la semaine.

Le ministre irlandais des Affaires européennes, Dick Roche, a clairement fait savoir qu’en cas d’échec du référendum en Irlande sur les dispositions du traité de Lisbonne, il n’y aurait aucun plan B, ni aucune possibilité de renégocier le texte.

Sans la ratification irlandaise, le traité « sera mort », ce qui aurait de graves implications pour l’ensemble de l’Europe, a fait remarquer M. Roche.

Les responsables politiques du parti Sinn Féin ont réitéré leur forte opposition au traité, appelant les citoyens irlandais à le rejeter lors du référendum.

Comme l’a déclaré Gerry Adams, leader de Sinn Féin, lors d’une réunion de son parti à Dublin, le traité de Lisbonne accorde trop de pouvoirs aux institutions européennes. Il a ajouté que ces propositions ont pour but de réduire l’influence politique des Irlandais, notamment le droit de s’opposer aux lois européennes qui ne sont pas dans l’intérêt national de l’Irlande.

M. Adams a également averti que le traité de Lisbonne représenterait une menace à la neutralité de l’Irlande en liant le pays à une politique européenne de défense et de sécurité commune. Cela affaiblirait aussi le poids du pays dans l’UE et porterait atteinte aux services publics.

Parallèlement, les militants britanniques ont protesté contre la décision du gouvernement du Royaume-Uni de ne pas organiser de référendum sur le nouveau traité, arborant des bannières sur lesquelles on pouvait lire «Referendum Now » et « Give us a vote ». La protestation est survenue quelques jours avant un vote au Parlement britannique sur un amendement au traité européen proposé par les conservateurs, qui appelent au référendum.

Un sondage local organisé par le groupe « I want a referendum », a montré que près de 85% des électeurs britanniques souhaitaient un référendum sur le traité de Lisbonne, et environ 90% de ces électeurs s’opposent à la ratification.

Le premier ministre Gordon Brown a nié les allégations selon lesquelles le traité pouvait menacer les intérêts du pays et est resté ferme sur sa décision de ratifier le texte au Parlement plutôt que de prendre le risque d’un référendum.