Le premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende s’active en coulisses afin que son nom figure parmi les candidats potentiel au poste de président du Conseil européen. En cas d’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, il serait fortement soutenu par Angela Merkel.
"Le premier ministre néerlandais souhaiterait vraiment occuper le poste de président du Conseil européen si le traité de Lisbonne entre en vigueur", a indiqué à EurActiv.com une source néerlandaise basée à Bruxelles.
M. Balkenende, dirigeant chrétien-démocrate des Pays-Bas depuis 2002, a pourtant plusieurs fois nié son intérêt pour ce poste. Interrogé récemment sur la question au Parlement néerlandais, il a qualifié la rumeur grandissante d’« absurde ».
Poussé dans ses retranchements par l’opposition, il s’est cependant refusé à donner l’assurance catégorique qu’il terminerait son mandat de premier ministre, relançant la rumeur tant à La Haye qu’à Bruxelles.
Une source diplomatique anonyme se dit persuadée que M. Balkenende trouvera une alliée de poids en la personne de Angela Merkel, récemment reconduite dans ses fonctions de chancelière. "Elle est très proche du premier ministre néerlandais", a-t-il affirmé. "Ils partagent les mêmes opinions et sont tous deux des responsables politiques pragmatiques et discrets.’
Mme Merkel pourrait donc appuyer le Néerlandais comme « candidat de compromis » faisant le poids contre une personnalité mondiale comme Tony Blair. Contrairement à ses prédécesseurs, M. Balkenende n’a pas été mis en opposition frontale avec la France ou l’Allemagne au cours de sa carrière.
Selon d’autres sources, la représentation permanente des Pays-Bas auprès de l’UE s’attache également à faire campagne pour la candidature de M. Balkenende, mais "de manière très subtile".
Si le traité de Lisbonne devait être approuvé en Irlande, assurant ainsi une ratification à l’échelle européenne avant la fin de l’année 2009, M. Balkenende ne tarderait pas à confirmer son intérêt pour le poste, et se mettrait à rallier l’opinion publique aux Pays-Bas.
Mais la situation n’est pas sans lui opposer un dilemme : M. Balkendende risque d’être partagé entre les vertus prêtées au poste de Président de l’UE (qui lui permettrait d’accroître l’influence des Pays-Bas en Europe) et l’écueil de se voir accusé de quitter le navire au moment où l’extrême-droite connaît une ascension notable au Pays-Bas.
CONTEXTE:
S’il entre en vigueur, le traité de Lisbonne introduira un nouveau poste de président de l’UE élu pour deux ans et demi (pour plus de détails, voir le LinksDossier EurActiv sur Choisir M. / Mme Europe).
Les rumeurs vont bon train sur l’identité des principaux candidats : les noms de Tony Blair, Jean-Claude Juncker et Guy Verhofstadt, ont été évoqués à plusieurs reprises.
Le traité de Lisbonne décrit de manière assez vague les responsabilités confiées au futur président de l'UE. La lettre du texte le réduit à un président de séance mais certains politologues affirment que le profil du dignitaire pourrait déterminer la capacité de l’UE à se doter d'un "visage politique".




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