« Les Irlandais devront revoter », aurait déclaré M. Sarkozy à des membres de son parti, l’UMP, mardi 16 juillet. Officiellement pourtant, il défend la liberté de l’Irlande de décider elle-même de la marche à suivre. 

Craignant que leurs conseils ne s’avèrent contreproductifs, les dirigeants européens se montrent extrêmement prudents afin de ne pas donner aux Irlandais le sentiment que l’UE leur impose des décisions préétablies. Le Conseil de l’UE a notamment décidé d’accorder un temps de réflexion aux Irlandais jusqu’au prochain sommet en octobre.(EurActiv.fr 20/06/08)

Dans le même temps, M. Sarkozy se rendra à Dublin le 21 juillet. Il s’agira selon lui d’une mission d’écoute. Lors de son discours au Parlement européen le 10 juillet, le président français a toutefois fait part de son espoir d’aboutir à une solution, en accord avec le gouvernement irlandais, en octobre ou en décembre (EurActiv.fr 10/07/08).

En visite aux Etats-Unis, le premier ministre irlandais, informé des remarques de M. Sarkozy, a minimisé leur importance. Toutefois, son entourage politique aurait été irrité par l’intervention du président français. 

Quant au camp du « non », il a pris les commentaires de M. Sarkozy extrêmement au sérieux. Aengus O’Snodaigh, du Sinn Fein, a jugé que ces remarques étaient « profondément insultantes » pour le peuple irlandais. 

D’après lui, depuis que l’Irlande a rejeté le traité de Lisbonne par une écrasante majorité, elle est soumise à d’incessantes pressions de la part des dirigeants européens, qui souhaitent lui imposer une stratégie. 

Declan Ganley, dirigeant de Libertas et sponsor de la campagne en faveur du «non », a affirmé que si un second référendum avait lieu en Irlande, la France et les Pays-Bas (qui avaient rejeté le projet de traité constitutionnel européen) devraient eux aussi revoter. Dans un même ordre d’idées, Nigel Farage, leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, estime que les Français et les Néerlandais devraient eux aussi avoir leur mot à dire si l’Irlande devait revoter. 

Entre-temps, le processus de ratification se poursuit sans heurts. Le Sénat espagnol a d’ailleurs donné son accord final à l’adoption du traité de Lisbonne, le 15 juillet.