« L’échec des négociations du cycle de Doha (EurActiv.fr 30/07/08) est une bonne nouvelle », pour le collectif PAC 2013. « Ils se sont aperçus que ça ne marchait pas », renchérit Geneviève Savigny de la Confédération paysanne.
S’exprimant devant la presse, mercredi 17 septembre, ces associations ont insisté sur la nécessité de laisser l’ONU et non pas l’OMC gérer l’agriculture. Selon elles, le droit de souveraineté alimentaire doit être préservé et le marché protégé par des droits de douane.

Un point de vue que partage le ministre français, Michel Barnier, pour qui l’agriculture ne peut pas être considéré comme une marchandise comme les autres. (EurActiv.fr 03/07/08)

Produire local

S’opposant toujours à l’OMC, les associations estiment qu’il est important de favoriser une agriculture plus localisée avec le développement des circuits courts (AMAP) ou la mise en place d’un plan pour favoriser la culture des protéagineux pour nourrir le bétail (75% des stocks utilisés sont actuellement importés).

Contre la dérégulation des marchés

Dans le cadre de la réforme de la PAC, Michel Barnier devrait défendre un compromis avec Bruxelles visant à maintenir des mécanismes européens de régulation des prix agricoles. Un point de vue opposé à celui de la Commission, qui prône une dérégulation des marchés : fin des jachères ou des quotas laitiers. (EurActiv.fr 20/05/08)
Pour les ONG, la fin des quotas laitiers (EurActiv.com 04/07/08) provoque l’instabilité des prix alors que, selon elles, ce système fonctionne bien et avec peu de budget. Leur suppression provoquera de nouvelles subventions aux agriculteurs, pointe Geneviève Savigny, qui ajoute : « Les aides nous entraînent dans des systèmes pervers ».

Revoir les aides

Les associations du collectif PAC 2013 demandent le maintien du budget de la PAC. Ambroise Mazal, chargé de la souveraineté alimentaire au CCFD, rappelle que le budget de la PAC s’élève à 45 % du budget global de l’UE, soit 50 centimes par jour et par Européen. Un chiffre faible « pour garantir des prix alimentaires raisonnables », estime-t-il.
Les associations dénoncent, en revanche, l’utilisation abusive des aides dans un contexte de production normal. Celles-ci devraient, selon elles, être plafonnées à un an de salaire moyen. (EurActiv.fr 28/11/07)

Pour une agriculture durable

Autre recommandation: l’internalisation des coûts environnementaux. La division des aides entre le premier (aides à la production) et le deuxième pilier (compensations) de la PAC laisse en effet les associations perplexes. Geneviève Savigny souligne : « On ne peut pas développer des cultures intensives, puis des soins palliatifs ».

Une solution pour lutter contre la spéculation

A court terme, le collectif PAC 2013 préconise “une solution facile à faire”, selon les termes d’Ambroise Mazal: la maîtrise de l’offre et de la demande et la mise en place de stocks mondiaux. Crise alimentaire oblige, ces derniers n’ont jamais été aussi bas depuis quarante ans. (EurActiv.fr 12/12/07)

Fort de ces propositions concrètes, le collectif PAC 2013 rencontrera Michel Barnier à Annecy, dimanche 21 septembre.