La présidente du Mouvement Européen France, Sylvie Goulard, estime qu'il faut apaiser les craintes des électeurs irlandais sur les questions liées à l'avortement, la défense et la fiscalité après le rejet du traité de Lisbonne lors du référendum du mois dernier.
«Je ne pense pas que les Irlandais ont rejeté le traité dans son ensemble», a déclaré Sylvie Goulard, dans un entretien à EurActiv. Avant de suggérer qu’une «déclaration» pourrait être ajoutée au texte sur les questions importantes pour les électeurs irlandais comme la souveraineté en matière de défense, d’avortement et de fiscalité.
Elle a également fait allusion à la possibilité de trouver un accord sur «une sorte de dérogation» sur certaines questions, comme ce fut le cas en 1992 quand le Danemark s’est vu proposer une clause d’opt-out sur l’euro à la suite du rejet du traité de Maastricht par référendum.
Les leaders nationaux devraient être tenus responsables
Mme Goulard a également appelé les leaders politiques irlandais à faire face à leurs «responsabilités» en proposant des solutions à la crise. «Les commentateurs retiennent que “Bruxelles” déplaît, que “les gens” ne veulent pas de l’Europe, alors qu’en fait, les responsables de ce dérapage se trouvent plutôt dans les capitales nationales».
«Le Premier ministre irlandais a dit qu’il n’avait pas lu le traité, le commissaire européen irlandais aussi», a-t-elle fait remarquer.
Et si les électeurs irlandais ont été amenés à penser que le traité influençait la souveraineté de l’Irlande sur les politiques relatives à l’avortement, la défense ou la fiscalité, c’est parce que les leaders politiques irlandais n’ont pas su expliquer le texte de façon appropriée, un texte que les électeurs considéraient comme étant trop complexe.
«Ces matières n’étaient pas concernées par le traité», a indiqué Mme Goulard. «On mesure donc combien la classe politique irlandaise a failli dans sa mission d’explication.»
Un second vote est inévitable après la clarification
Selon Mme Goulard, un second vote est donc inévitable, une fois que les points qui posaient problèmes auront été éclaircis. «Tous ceux qui disent qu’il y a des solutions miracles sont des individus qui enferment l’Europe dans une impasse», a-t-elle déclaré.
De plus, dans l’éventualité d’un second «non», elle estime qu’un groupe de pays avant-gardistes devraient prendre les devants et avancer. «Il ne faut pas éliminer cette perspective et cette nécessité. Nous sommes objectivement dans une situation où, si l’Union Européenne reste bloquée sur les institutions funestes du traité de Nice, elle perd toute chance de se faire entendre dans le monde.»
«Je souhaite que nous avancions à 27. Simplement, il n’est plus pensable que des minorités entravent la marche en avant d’une Union Européenne qui serait voulue par une majorité.»
«Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut réformer les institutions», a-t-elle déclaré, en référence aux élections européennes de 2009 pour lesquelles il faut diminuer le nombre d’eurodéputés afin de tenir compte des élargissements passés et futurs de l’UE. «On a essayé une première fois, ça n’a pas marché, on a eu un compromis laborieux sur le Traité de Lisbonne», a-t-elle rappelé. «On a déjà derrière nous dix années de discussion.»
«Il paraît tout à fait normal que tous les pays européens puissent être amenés à donner leur avis», a-t-elle poursuivi, affirmant que la logique qui prévalait désormais était «une logique de dialogue et pas de contournement».
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