A la suite de longues discussions, les dirigeants européens réunis à Bruxelles, jeudi 19 juin, ne sont pas parvenus à un accord sur l’avenir du traité de Lisbonne. Si quatre mois de réflexion semblent avoir été accordés à l’Irlande, les Tchèques font pression pour que la déclaration commune sur la poursuite du processus de ratification soit la moins contraignante possible.

Documents officiels
Traité de Lisbonne
version consolidéeConseil européen
conclusions provisoires (19 juin)
Revue de presse
Le Figaro
Les Vingt-Sept se donnent quatre mois de réflexionAgence France Presse
Traité
Comment sauver le traité de Lisbonne? Lors de la première journée du Conseil européen, jeudi 19 juin, les Etats membres n’ont pas réussi à répondre à la question. Si la grande majorité des 27 estime impensable de stopper le processus de ratification, malgré le non irlandais, le calendrier et les moyens pour sortir de la crise n’ont pas été définis hier. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent se retrouver aujourd’hui pour finaliser une déclaration commune.
Rapport irlandais en octobre
Les obstacles sont de plusieurs ordres. Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, a indiqué qu’il était « beaucoup trop tôt pour présenter des solutions possibles » pour sortir de la crise. Le pays s’est donc vu accorder quatre mois de réflexion et doit présenter au Conseil européen d’octobre un rapport afin de proposer une issue à la crise entrainée par le rejet du traité. (EurActiv.fr 16/06/08)
Un délai qui semble cependant très court pour le chef de la diplomatie irlandais, Michael Martin. « Nous ne pensons pas qu’il y aura des solutions sur la table en octobre », a-t-il indiqué.
Nicolas Sarkozy, à la tête de l’UE à partir du 1er juillet, a prévu de se rendre en Irlande au mois de juillet pour examiner les solutions possibles.
Le problème tchèque
Mais c’est aussi du côté de la République tchèque que les négociations ont achoppé. Il y a « des difficultés particulières » avec ce pays, a déclaré le président français à l’issue de la réunion. Si le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a assuré s’engager personnellement à poursuivre le processus de ratification, il s’est opposé à la rédaction d’une déclaration commune trop contraignante, qui pourrait froisser les susceptibilités de certains partis politiques de son pays réfractaires au traité. Le premier eurosceptique étant le président de la République, Vaclav Klaus. Celui-ci avait déclaré vendredi 13 juin, après le non irlandais, que le traité de Lisbonne était mort.
Le premier ministre tchèque a d’ailleurs précisé que la ratification dans son pays ne pourrait vraisemblablement pas intervenir avant 2009. A noter que les élections législatives en République tchèque ont lieu en octobre prochain, quasiment au même moment que le Conseil informel des 15 et 16 octobre, au cours duquel l’Irlande devrait présenter des solutions.
Une déclaration évasive?
Une déclaration d’une ligne, indiquant que les Etats membres souhaitent la poursuite du processus de ratification, pourrait donc être intégrée, vendredi 20 juin, aux conclusions du Conseil. Sans date limite. « Même si on ne fait pas état d’un délai, chacun sait qu’il y a l’échéance des élections européennes », a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a ajouté : « Pas de traité de Lisbonne, pas d’élargissement ». Un moyen de faire pression sur les Tchèques, très favorables à l’entrée de la Croatie dans l’UE.
Si aucune décision n’a été prise sur le traité, les 27 ont approuvé l’entrée de la Slovaquie dans la zone euro en 2009.
Un débat autour de la hausse du prix du pétrole a également eu lieu. Le président français a de nouveau plaidé pour l’utilisation des surplus de TVA liés à l’augmentation des prix des carburants pour plafonner les prix à la pompe au bénéfice des agriculteurs et des routiers. (EurActiv.fr 10/06/08)
Une proposition à laquelle s’oppose la grande majorité des Etats membres, notamment l’Allemagne. La Commission européenne devrait rendre un rapport sur le sujet en octobre prochain.




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