Le point presse organisé à Bruxelles, le 2 septembre 2008, fut l’occasion pour Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, de rappeler le souhait de la France de surmonter le «non» irlandais au traité de Lisbonne. (EurActiv.fr 13/06/2008). Accompagné de ses homologues tchèque et suédois, M. Jouyet a déclaré espérer que «l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne advienne durant la Présidence de nos amis suédois.»

Après le non irlandais, Nicolas Sarkozy a fait de la poursuite du processus de ratification sa priorité européenne. (EurActiv.fr 22/07/2008). A ce titre, la France souhaite que ses partenaires du trio ratifient le texte. En effet, ni la Suède ni la République Tchèque n’ont pour l’instant ratifié le nouveau traité européen. Ceci explique sans doute le peu d’emphase de la déclaration du 2 septembre 2008 : « renforcer le rôle de l’Europe est l’objectif premier de l’actuelle Présidence française et des futures présidences tchèque et suédoise.»

Le Non irlandais a bousculé le programme du trio

Résolument optimiste, le programme originel du trio du 30 juin 2008 ne prend pas la mesure du «No» irlandais du 12 juin 2008. En effet, il table encore sur l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne au 1er janvier 2009. Plus pragmatiques, les chancelleries européennes espèrent désormais une entrée en vigueur du nouveau traité pour le second semestre 2009, les sondages post-élections ayant clairement indiqué que les Irlandais étaient actuellement hostiles à un second référendum. (EurActiv.fr 17/07/2008). Pour la plupart des 24 Etats membres ayant déjà ratifié Lisbonne, il faut à la fois envisager un deuxième vote des Irlandais et éviter à tout prix l’hypothèse d’un nouveau refus de Dublin. (EurActiv.fr 29/07/2008).

Même s’ils craignent une mise à l’écart de leur pays, les dirigeants irlandais, à l’instar du premier ministre, Brian Cowen, ont indiqué à leurs partenaires européens les dangers d’un deuxième vote prématuré. (EurActiv.fr 21/07/2008). Le scénario le plus probable est donc l’organisation d’un nouveau référendum en Irlande au second semestre 2009. Le message a été reçu en Suède : la ministre des affaires européennes, Cecilia Malmström, a notamment insisté, le 2 septembre, sur «le renforcement du rôle de l’Europe indépendamment du traité régissant l’Union européenne.»

Néanmoins, le point presse du trio a été l’occasion de rappeler l’intérêt du traité de Lisbonne dans le cadre de crise internationale.(EurActiv.fr 02/09/2008). Mme Malmström a notamment évoqué les événements du Caucase, qui démontrent selon elle que «les Etats membres de l’UE doivent chercher davantage d’outils pour travailler ensemble. Cela s’avérera extrêmement important au cours des mois et des années à venir.» 

L’UE attend la ratification de la Suède, de la République tchèque et la signature polonaise

La Suède et la République Tchèque doivent se prononcer sur le traité de Lisbonne à l’automne. Si l’on s’oriente vers une ratification sans difficulté en Suède, la situation tchèque est plus indécise. Le Président tchèque, Vaclav Klaus, a notamment déclaré le 24 juillet dernier qu’il ne signerait le traité de Lisbonne qu’une fois que l’Irlande l’aura ratifié. (EurActiv.fr 25/07/2008).

Interrogé le 2 septembre au sujet de la ratification de son pays, le vice-Premier ministre tchèque chargé de l’intégration européenne, Alexander Vondra, a rappelé que la Cour constitutionnelle tchèque examinait actuellement le traité de Lisbonne, à la suite d’une saisine émise par des députés eurosceptiques. M. Vondra a indiqué que ce n’était pas au gouvernement tchèque d’imposer des délais à la Cour, la décision étant attendu à l’automne. Ensuite, le texte pourrait retourner devant le Parlement. La ratification du traité par la République tchèque nécessite une majorité de trois cinquièmes autant à l’Assemblée qu’au Sénat.  

Enfin, l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne est également suspendue à la décision du Président polonais Lech Kaczynski. Tout comme son homologue tchèque, M. Kaczynski a affirmé qu’il ne signerait le nouveau traité européen que si l’Irlande l’approuvait.